CHATEAUBRIAND
Tu n'aimais pas Rancé, que le dogme convie A méconnaître, au nom d'un éternel enfer, L'ordonnance du monde et les lois de la chair, Rancé repu d'amour, jurant haine à la vie.
Non ! Cyhcle épiée et Vénus poursuivie Livrent de tels secrets au mortel lihre et lier Que, jusque sous la nuit de ton morose hiver, Hellas troubla ton sein d'une incurable envie.
Et si, pour fuir l'angoisse où le siècle est tombé, Tu voulus, sur les pas de l'ascétique Abbé, Respirer à ton tour le parfum des trois Roses :
Ce n'est pas, comme lui, sans l'honneur de choisir, Toi qui voyais, d'un œil ouvert sur toutes choses. Que le monde est captif au fdet du Désir.
ibO LA LAMPE D ARGILE
UN lîOM^IE D'HIER
Sous les plis du drapeau, dans le bruit des tambours, Tu suivis Lafayette et le grand Bonaparte ; Tu n'étais point de ceux dont la main faible écarte L'honneur des longs périls et des tardifs retours.
Dans le palais des lois, où les savants discours Brodaient de tant de fleurs le tissu de la Charte, Tu t'assis, dur soldat, homme simple de Sparte ; Et tu mourus, comblé de travaux et de jours.
0 Français d'autrefois ! ô mutilé sublime ! Quelle blessure amère en mon cœur s'envenime Quand je songe au destin si rempli des aïeux I
Quand je songe aux soleils des matins de victoire, Lassé de nos jours gris, vides et sans mémoire Et de l'ingrat labeur des temps inglorieux !
AU FIL DES JOURS l6l