DESTINÉE
Sed haec prias Juere.
Ga.tullb.
Raconte-moi comment, aux rives de la Loire Et parmi ses vergers pareils à nos jardins, Tu vécus les saisons vagues en ta mémoire. Dont Fastre indifférent préparait tes destins.
Passant le long des prés emplis de fleurs et d'herbe, Et des bouquets de bois où chantaient les oiseaux, Le grand fleuve portait, d'un cours large et superbe, A l'Océan amer la douceur de ses eaux.
Large et riante aussi s'écoulait votre vie Vers l'immense amertume où tout s'en vint finir. Les flots, les jours passaient ; et la rive suivie Ni des flots, ni des jours ne sut rien retenir.
Printemps si beaux, hélas ! chers matins dont l'aurore Eût mieux fait de s'éteindre au seuil morne des cieux, Puisque leur souvenir rend plus sombres encore Les horizons nouveaux où se fixent vos yeux !
iGa LA LAMPE d'argile
Ta mère, blonde et belle, et la reine des fêtes, Joyeuse s'entourait d'enfants aux boucles d'or ; Joyeuse!... savait-elle, à voir vos jeunes têtes. Ce que Paris devait faire d'un tel trésor ?
Ton père bâtissait le foyer de famille ;
Il croyait se survivre à soi-même en ses fds,
Et plus que soi, plus qu'eux encore aimant sa fille,
Il lui rêvait des jours aussi purs que les lis.
Il lui rêvait Tépoux qui charme et qui protège, Qui rend l'honneur facile et le devoir léger... Il lui rêvait des jours aussi purs que la neige Que jamais pas humain n'oserait outrager.
Tu n'avais pas encore, enfant, vu disparaître Le fils après le père, et manquer tout appui. Et dans le ciel d'un soir au parfum doux et traître Sur ta faiblesse en pleurs Vesper n'avait pas lui.
Tu n'avais pas encore appris ta destinée. Dans quel cercle tes jours seraient à jamais clos. Et d'une heure si tendre, et pourtant condamnée^ Nous n'avions pas connu l'ivresse et les sanglots !
Jl
AU FIL DES JOURS l63