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LE PHARE

A Emile Lecaplain.

Poursuivi dans les bois par des bêtes sauvages,

J'ai plongé dans la mer, j'ai fui tous les rivages...

Mais un phare peut luire à la chute du jour.

N'est-ce pas toi, ce phare, ô sidéral amour

Qui brilles de très loin dans ma nuit de tempête,

Cependant que le ciel au-dessus de ma tête

Epaissit la nuée et redouble l'éclair

Et que des cris d'oiseaux blessés passent dans l'air?

Je ne sais, étourdi par l'écume marine.

Mais, puisqu'un dernier souffle habite ma poitrine.

Je veux aller, je veux dans un suprême effort

Savoir si tes rayons illuminent un port

(Dussé-je me briser aux écueils de la côte)

0 lampe de l'amour, ô clarté fixe et haute

Qui, sur l'Hellespont noir où tremblait ta rougeur,

Entraînais vers ïléro l'intrépide nageur !

l68 LA LAMPE d'argile

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