‹ Poésies complètesChapitre 70 sur 153 · LE MAITRE DE RAVENSWOOD · texte numérisé non relu

LE MAITRE DE RAVENSWOOD

A Ad, Racot.

La prophétie, qui annonçait que le dernier lord de Ravenswood périrait dans les sables mouvants du Kelpy, lui revint tout à coup à la mémoire.

W. Scott.

Maître de Ravenswood, le cheval allait vite Dont le pied labourait les dunes, ce matin, Lorsque du haut des monts je surpris votre fuite.

La rosée emperlait la fougère et le thym

Au bas du vieux donjon qui vous avait vu naître

Et qui vous vit alors combler votre destin.

l'jk LA. LAMPE d'argile

Voici que de là-bas je crus vous reconnaître Aux premières lueurs qui blanchissaient le ciel. Or vous avez passé très rapidement, Maître.

Le hibou fit entendre un cri sinistre, et tel Que le cheval, dressant ses oreilles surprises, Redoubla de vitesse au fatidique appel.

La brume déferlait sur les montagnes grises . Le cheval était bon, maître, que vous montiez, Et son sabot luttait avec l'aile des brises.

Je me sentis au cœur de poignantes pitiés

Pour vous, jeune homme, amant taciturne et sublime,

0 vous, parmi nous tous, un des plus châtiés !

Un mauvais sort jamais ne lâche sa victime. Le vôtre, Ravenswood, se plut à vous pousser. De défaite en défaite, au versant d'un abîme.

Frère ! demain peut -être on me verra passer A cette heure douteuse où l'orient s'allume... Mais, vers le soir, Galeb viendra-t-il ramasser

Mon dernier chant d'adieu, comme à vous votre plume?

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