SUR LA MONTAGNE
(Montréjeaii)
... facilis^ Natura, fuisti.
(Ltdia),
L'odeur du buis amer parfume la montagne D'où, parmi Therbe rousse et les quartiers de grès, Satisfaits d'autant mieux que la ville est moins près. Nous regardons le fleuve errer dans la campagne.
Pourquoi faut-il qu'épris d'un nuisible idéal. L'homme ait pu, des trésors de sa fortune ancienne, Sacrifier le seul qui vaille qu'on y tienne, L'amour, au gain douteux du pacte social ?
La nature pourtant nous était si facile !
N'a-t-elle pas toujours, Arcadie ou Sicile,
La grotte au lit de fleurs qu'un rideau A^ert défend ?
Mais toi, monde, dont seul le tombeau nous délivre. Tu sais bien empêcher et dégoûter de vivre Ceux de nous dont le cœur était le plus vivant.
2l6 VESPEU
A MAURICE BOUGIIOR
Toi qui, tenant foulé Satan sous ton orleil. Appelles dans l'azur l'âme de la patrie, Quand d'autres, à plaisir, sur sa face meurtrie Tissant d'obscurs reseaux, retardent son réveil :
Que ta muse, pieuse amante du soleil,
Dont la voix en accents mystiques chante et prie.
Nous revienne éblouir en sa robe fleurie.
Glaive d'archange au poing, sous un casque vermeil I
Puisqu'elle veut le pur règne de la justice. Il faut que bien des fois encore retentisse Son clairon solitaire aux quatre coins du ciel l
Car voilà bien longtemps qu'infime créature Bravant son Créateur, Thomme béte et cruel S'est arrogé le droit d'opprimer la nature.