AU JARDIN
Et qui fait, sur leurs seins qu'il gonfle, par moment
Passer un fraternel et doux frémissement.
Chacune dans son cœur laisse en un rêve tendre
La candeur de la nuit par souffles lents descendre;
Et toutes respirant ensemble dans l'air bleu
La jeune âme des fleurs dont il leur reste un peu,
Exhalent en retour leurs âmes confondues
Dans des parfums où vit l'âme des fleurs perdues.
Lc4 CHoAD^SOtHi B£S\V£
Je me suis grisé; j'ai perdu mon âme ! Je chante et je cours, ne sachant plus où ; Dans le ciel je crois qu'un ange m'acclame ; Je vais, je reviens, je ris comme un fou !
J'ai perdu mon âme, ou mon cœur; qu'importe? Une joie immense est entrée en moi ; Le printemps m'appelle et m'a pris pour roi ; Un souffle léger m'enlève et m'emporte !
C'est depuis hier et depuis longtemps ! Je renais ou meurs au monde, il me semble; Je monte au milieu d'encensoirs flottants; J'ai perdu mon âme et mon cœur ensemble !
Je n'ai pourtant bu ni vin ni liqueur; Je vole et je plane, étonné de vivre; Je ne suis pas fou, je ne suis pas ivre; J'ai donné mon âme et donné mon cœur !