LA CHANSON BÉNIE
J'ai bu l'espérance en un doux sourire ! J'ai puisé l'amour en un regard clair ! iMon cœur a fondu comme fond la cire ! Mon âme est partie ainsi qu'un éclair !
Lc4 CO U\TISqA^CE
Certes, le mal sur nous a d'étranges puissances. Comme à l'abîme plein d'épouvante et d'échos, Le chimérique appât des acres jouissances, Nous attire vers lui, tous les jours, sans repos.
Mais il est entre tous un puits fait de vertige Où l'âme, en s'y penchant, vacille de stupeur. C'est l'œil clair et sans fond, sous qui le sang se fige, L'œil de la courtisane, où nage une vapeur;
L'œil vitreux, aux éclats de phosphore et d'agate, Qui fouille tous les cœurs comme de vieux foyers, Et le soir, comme un phare énigmatique, éclate, Attrait mystérieux des continents noyés.
— Quand tu tournes vers nous la clarté chatoyante De ta large prunelle aux reflets verts ou bleus, Dans ton regard errant une attente effrayante Est cachée, ô Sirène, aux contours onduleux !