‹ Poésies complètes (volume 2)Chapitre 39 sur 76 · A L OMBRE DES BOIS · texte numérisé non relu

A L OMBRE DES BOIS

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A l'ombre des bois, dans la solitude, Sur le bord du fleuve à regret quitté, Le sommeil t'a prise en ta nudité; A l'ombre des bois, dans la quiétude De l'air embaumé d'un parfum païen, Un souffle a mêlé son soupir au tien, Le souffle immortel qu'à jamais la brise, Dans la solitude, à l'ombre des bois, Réveille encor plein d'amoureuses voix.

En ta nudité le sommeil t'a prise, O toi, qui, songeant aux beaux sylvains morts, Leur rappellerais la nymphe au beau corps! A l'ombre des bois, sur le bord du fleuve, Dans la solitude aux échos berceurs, Dors comme autrefois ont dormi tes sœurs ! Les Dieux beaux sont morts; la nature est veuve Que tes yeux sur nous ne se rouvrent pas ! Dans le plus beau rêve éclos ici-bas

Tu vis, toi qui dors dans la sainte armure De la forme antique ivre de fierté, Au fond des vapeurs d'un jour chaud d'été, A l'ombre des bois au divin murmure !

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