MORITURI
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Le cœur du poète est l'arène Où, pareils aux gladiateurs, Contre le temps qui les entraîne Combattront des amours menteurs.
Devant César, au cirque antique, Chaque guerrier, chaque martyr, D'un bref hommage, ou d'un cantique, Le saluait, sans repentir.
Mais lui, qu'il pleure ou qu'il sourie, Quand il croit un amour vaincu, Le poète l'entend qui crie :
« Salut, maître ! j'ai survécu ! »
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Es -tu princesse au bord d'un Gange Que nul vaisseau n'a remonté?
Es-tu Sylphide, Elfe ou quelque ange Trop orgueilleux de sa beauté?
N'es-tu pas fée? ô jeune fille!
N'entres-tu pas, quand tu le veux, Par trous plus fins que trous d'aiguille, Dans les cœurs clos gonflés d'aveux ?
Les vœux secrets, tu les devines; Le mal naissant, tu le nourris; Et tu te fais des perles fines De tous les pleurs par toi surpris.
L'encens vers toi monte sans cesse; C'est en priant qu'on dit ton nom; Te crois-tu pas aussi déesse?
O jeune fille, et pourquoi non ?