‹ Poésies complètes (volume 2)Chapitre 41 sur 76 · DEA · texte numérisé non relu

DEA

Mais quand Vénus daignait prétendre Nous éblouir sur terre un peu, C'est en prenant un cœur plus tendre Qu'elle changeait un homme en Dieu!

LE SEÏMEU\

Un large ruban d'or illumine la cime Des coteaux dont la brume a noyé le versant. L'horizon se déchire; et le soleil descend Sous les nuages roux qui flottent dans l'abîme, Comme un riche archipel dans une mer de sang.

De confuses rumeurs s'éveillent par la plaine; Et dans son champ, debout au rebord des sillons, Travailleur obstiné sous les derniers rayons, Un semeur devant lui lance au loin sa main pleine Et chasse les oiseaux en criards tourbillons.

Et l'occident s'écroule où l'astre antique éclate. Et le semeur frappé d'un long et rouge adieu, Par grands gestes, au loin, dans un sinistre jeu Semble jeter au vent la poussière écarlate De son cœur calciné dans sa poitrine en feu.

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