COROT IO
T'associant encore à chacun de mes vœux, Jouir du calme jour qui jamais ne s'achève Dans les créations du grand peintre du rêve. Aux routes d'aujourd'hui tournons encor le dos î Viens nous réfugier dans les eldorados Que seul put entrevoir et léguer le génie, Dans les édens où court une sève infinie, Où circule à jamais un air plus caressant Qu'une aile séraphique et large qui descend ! Ah î la paix, nulle part ailleurs qu'en ces retraites, Ah ! nulle part ailleurs, dans nos âmes distraites L'oubli, comme un secret bienfaisant d'avenir, Ne sauraient monter mieux ni mieux s'épanouir ! Là, tout me saluera puisque tu m'accompagnes; Et sous aucun feuillage épais de nos campagnes, Sur aucun des gazons que foule un pas humain, Nous n'irions plus légers, en nous tenant la main, Les poumons plus gonflés d'une béatitude Surnaturelle, offrant à chaque solitude L'intérieur trésor d'une fraternité Indissoluble. Loin de l'énorme cité, La nature, là-bas, pour que tu t'extasies, Semble s'éterniser en ses heures choisies. On dirait que là-bas l'élan mystérieux D'un désir, d'un regret peut-être, sous nos yeux Fait par effluve long, par attirance lente, Croître la créature et s'animer la plante; Et tout paraît n'avoir pour but dans l'horizon Que toujours aspirer Péparse exhalaison,