‹ Poésies complètes (volume 2)Chapitre 71 sur 76 · II · texte numérisé non relu

II

En s' exhalant toujours soi-même aussi, tranquille D'exister pour la même existence facile.

Fuyons les jours maudits qui tombent du vrai ciel ! Disons adieu bien vite à l'univers réel 1 Partons ! Ressuscitons en ces nobles patries ! Vois ces brumes rasant les pentes des prairies ! Tout près, nous attendant sur les rives en fleurs, Des barques ont gardé pour nos esprits meilleurs Le complaisant accueil qui berce les pensées. Entrons-y, puis au cours d'insensibles poussées Glissons sur ces bassins faits de molles clartés, Sur ces étangs par l'aube éternelle argentés. Tout est féerique autour de nous, tout est surprise; En nous de même tout se spiritualise; Et chaque halte auprès des saules vaporeux, Sous un ciel pommelé qui ne répand sur eux Ni le rayon trop vif, ni l'ombre où tout se noie, Nous promet on ne sait quelle nouvelle joie ! Ces sentiers indécis, où nous conduiront-ils ? Ces gazons si moelleux bordés d'arbres subtils, De bouquets éclatant en flocons sur des tiges, Où mènent-ils, sinon par d'inconnus prestiges Aux habitations légendaires du cœur, Aux toits bâtis exprès dont l'hôte est le bonheur;

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