‹ Poésies complètesChapitre 112 sur 160 · XXX IV · texte numérisé non relu

XXX IV

SONNET

Le malheur m'a jeté son souffle desséchant : De mes doux sentiments la source s'est tarie, Et mon âme abattue , avant l'heure flétrie , En perdant tout espoir perd tout penser touchant.

Mes yeux n'ont plus de pleurs, ma voix n'a plus de chant,

Mon cœur désenchanté n'a plus de rêverie ;

Pour tout ce que j'aimais avec idolâtrie

Il ne me reste plus d'amour ni de penchant.

Une aride douleur ronge et brûle mon âme , Il n'est rien que j'envie et rien que je réclame; Mon avenir est mort, le vide est dans mon cœur.

J'offre un corps sans pensée à l'œil qui me contemple; Tel sans divinité reste quelque vieux temple, Telle après le banquet la coupe est sans liqueur.

210 PKNSEROSA.

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