‹ Poésies complètesChapitre 113 sur 160 · CHANT D'HÉLOISE · texte numérisé non relu

CHANT D'HÉLOISE

Comme ce beau nuage à la forme indécise Qu'un rayon du matin colore et fait rougir, Mais qui, cédant bientôt au souffle de la brise. Se dissout dans l'azur où le jour va surgir;

Telle on sent s'élever dans l'âme virginale Une ardente pensée où l'on pressent le jour, Rayon mystérieux de cette aube idéale D'où surgira l'amour.

Sous ce voile divin qui tremble et se soulève, Au souflle de l'amour l'àme a déjà frémi. Mais ses purs sentiments ne sont encor qu'un rêve Qui se montre à demi.

De la terre et du ciel c'est la divine lutte : L'âme combat l'amour, puis y cède en martyr Dans un aveu brûlant qui précède sa cbute Et la fait pressentir.

Cette suave ardeur, cette tendresse exquise Qui se révèle au cœur et se dérobe à l'art. C'est l'ineffable amour que sentit Héloïse En voyant Abeilard.

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