‹ Poésies complètesChapitre 121 sur 160 · TROISIÈME RECUEIL · texte numérisé non relu

TROISIÈME RECUEIL

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Lft miliru de la vie, heure amère et néfaste, Où des jours ((u'ou regrette arrive le déclin ; Halte où nous ressentons le douloureux contraste Que le sombre couchaut fait au riant matin.

Alors tout s'obscurcit et tout se décolore : Le temps marche amenant mille deuils après soi ; Muettes sont les voix qui chantaient à l'aurore , L'esprit n'a plus d'élan, l'àme n'a plus de foi.

Les beaux rêves s'en vont. — Illusions candides, Ineffables amours, enthousiasmes saints, 'Jout meurt : avec effroi l'homme compte les vides Que laissent dans son cœur ses sentiments éteints.

On cherche vainement à ressaisir la vie, A fixer le bonheur entre ses bras tremblants. L'àme, comme autrefois, n'est plus épanouie, Et déjà sur le front germent des cheveux blancs.

24 ï MEZZA VITA.

Si, détournant de soi l'importune pensée,

Sur ses enfants aimés on reporte ses vœux ,

On voit dans l'avenir leur jeunesse éclipsée ,

On pressent leurs douleurs et l'on soutïre pour eux.

Et chaque jour en nous grandit la plaie ardente D'un incurable ennui dont on se sent mourir; Kt, comme la forêt où s'égara le Dante, Lugubre est l'horizon qui reste à parcourir.

Aoiii, 18i;î.

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