REVEIL
Le vieil hiver vient de mourir, La terre a repris sa jeunesse ; Ami , ne sens-tu pas courir Un air tiède qui nous caresse ?
Ne sens-tu pas que tout sourit.
Et que le soleil qui s'enflamme Donne plus de chaleur à l'âme, Plus d'intelligence à l'esprit ?
Ne sens-tu pas , avec la brume Qui se dissipe au firmament, Fuir ces jours passés lentement Dans les pleurs et dans l'amertume ?
Plus (le triste rêve !... oh ! coulons Dans un ineffable bien-être Les jours heureux qui vont renaître Après des jours sombres et longs.
Du parfum de l'air, des nuages Qui plus légers flottent au ciel, Sortent d'enivrantes images ; N'entends-tu pas leur doux appel ?
N'entends-tu pas des bruits intimes Qui pénètrent l'âme et les sens ?
Les lîois frissonnent dans leurs cimes L'onde et la brise ont des accents.
Ces voix, dans un même murmure, A notre cœur disent d'aimer ; Ami, saluons la nature Dont l'éveil vient nous ranimer !
IIERMANGARDE. 283