HERMANGARDE
Le roi chevelu passait ; Puis, accourant sur sa trace, Les chevaux fendaient Tespace Et la meute s'élançait !
Puis, dans la route poudreuse, Elle revenait joyeuse Traînant le sanglier mourant, Dont le sang rougit la lice Et dont le poil se hérisse Sous répieu du prince frank.
Et la jeune souveraine A'osait alors sur l'arène Fixer son regard tremblant.
Et son visage de neige Se tournait vers son cortège Plus virginal et plus blanc.
Jours d'une jeunesse heureuse !
O souvenirs de la Meuse, Tièdes sources, bords ombreux Où, dépouillant sa cuirasse.
Le roi guerrier plein de grâce Baignait son corps vigoureux....
Ainsi qu'on voit la rosée Verser, sur l'herbe épuisée Par les rayons du soleil.
Une bienfaisante sève Qui doucement la relève A l'aube d'un jour vermeil ;
MEZZA VIÏA.
Ainsi, céleste dictame, Parfois relevant cette àme Que l'amour brûlait en vain, Une pieuse sagesse A sa terrestre tendresse Opposait l'amour divin.
Mais, comme l'on voit encore Sous le soleil qui dévore, Alors que monte le jour, Tomber faible et languissante L'herbe à peine renaissante ; Ainsi, cédant à l'amour,
XY
De son triste cœur chassée , La paix fuyait sa pensée, Et des souvenirs pressants.
Dans cette sainte demeure.
Hélas ! venaient à toute heure Porter le trouble en ses sens...
Chasse, ô pauvre âme éperdue, L'image à jamais perdue De l'amour, terrestre feu; Meurs, vole au ciel qui t'attire ; La mort finit ton martyre , Mets ton espérance en Dieu.