‹ Poésies complètesChapitre 15 sur 160 · LA 101 DU CŒUR · texte numérisé non relu

LA 101 DU CŒUR

Qu'un regard dit: « Je t'aime! » et qu'une larme échappe Du cœur, comme le suc, quand on presse la grappe; Larme qui, recueillie et comprise par Dieu, Des terrestres amours doit épurer le feu !

Mais 183i.

Le ciel el la luer soiu comme deux beaux livres ouverts à tous les yeux, et <|ui traitent, en deux pages sublimes, de IV'ternité et de l'immensité. ' EvGfe>E Ste.

Comme un jeune alcyon, le jour où je suis née. Mon regard embrassa la ^léditerranée ; Elle mêla sa voix à mon premier soupir; C'est le bruit de ses (lots qui venait m'assoupirj Quand les chagrins naissants de mon àme exaltée Éloignaient le repos de ma couche agitée , Ses murmures lointains , ses longs gémissements Paraissaient compatir à mes jeunes tourments. Et pour mon cœur malade elle était une amie Qui berçait tendrement ma douleur endormie.

• De la cime des monts que j'aimais à la voir, Dans son immensité, bruyamment se mouvoir!

O mer! assise sur tes grèves, Que O'espérances, que de rêves Agitaient mon cœur enfantin!

Je suivais tes métamorplioses , Et je t'aimais quand tes flots roses Reflétaient les feux du matin.

Je t'aimais quand la lune errante De sa lumière transparente Teignait tes mobiles arceaux ; Quand ta blanche et mousseuse écume, Comme un phosphore qui s'allume, Jetait un prisme sur tes eaux.

Je t'aimais quand, miroir limpide.

Tu reposais sans une ride Et semblais mollement dormir ; Ou quand, précurseurs de l'orage^ Les goélands au blanc plumage Sur tes récifs venaient gémir!...

Isolée, au sein de la foule,

Que de fois j'écoutais la houle

Dont retentissaient tes échos !

Quand, bondissant sur le rivage.

Irritée, ardente, sauvage,

Tu n'étais plus qu'un grand chaos! ..

L'éclair sillonnait la tempête, La foudre grondait sur ma tête, Les vagues inondaient tes bords :

Alors, dans un songe bizarre, Oîi souvent mon esprit s'égare.

Deux ailes soutenaient mon corps

J'effleurais ta surface humide , Ondine légère, ou Sylphide,

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Traçant de lumineux sillons ; J'allais au loin, j'allais sans cesse, Et je surpassais la vitesse De tes rapides tourbillons.

Puis, quand je repliais mes ailes, Tes flots, comme autant de nacelles, M'offraient un fantastique abri ; Berceau d'émeraude et d'opale.

Scintillant des reflets qu'étale Le plumage du colibri.

J'aimais cette coucbe de fée, ]Moi qui , sur la terre étouffée , Regrette un plus pur élément !

Moi qu'un rayon du ciel enivre!

Ob ! j'étais beureuse de vivre Sur l'eau, dans l'air, au firmament.

Ainsi j'errais sur une lame.

Et, dans ces voyages de l'àme, L'univers s'ouvrait devant moi.

De ciel en ciel, de zone en zone, J'allais, intrépide amazone.

Ayant la mer pour palefroi.

i\-vii.'r I83i.

28 FLEURS DU MTDI.

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