LES CITÉS
Vous avc2 été poussière, et tous éles poussière. Approclicz, ville!'', tours, et colosses d'Orient. Edcard Qcinet,
Quand des tableaux géants de toute la nature
Mon (jeii eut contemplé l'immuable peinture ;
Lorsque j'eus parcouru , dans mes songes divers ,
Les mers, les monts, les bois de ce vaste univers,
J'évoquai tour à tour ces cités éternelles
Que tant de nations laissèrent après elles ,
Et qui jetaient au temps de dédaigneux défis!...
Je vis dans leur linceul Carthage , Tyr , Memphis :
Fantôme du désert, je vis Tlièbe aux cent portes;
Puis, je ressuscitais pour moi ces villes mortes;
Je leur rendais leurs lois, leurs gloires et leurs mœurs;
Leurs peuples renaissaient, j'entendais leurs clameurs,
Leurs innombrables voix , leurs divers idiomes ;
Je voyais leurs guerriers, leurs prêtres, leurs grands hommes,
Leurs poètes divins, leurs artistes fameux.
Laissant tous leur pensée, immortelle comme eux ,
L'un dans un monument, l'autre dans un poème
Où le génie a mis son empreinte suprême.
Et qui , voyant passer les siècles à genoux ,
Dans toute leur beauté sont venus jusqu'à nous!...
J'admirais ces géants , ces hautes pyramides ,
Qui font paraître nains nos monuments timides ;
Le Sphinx encor debout, l'idole de Memnon ,
Et tant d'autres débris, immortels, mais sans nom.