‹ Poésies complètesChapitre 150 sur 160 · IMITATION · texte numérisé non relu

IMITATION

Oh ! ne redoute pas la plainte De ce cœur brisé sans retour; Tu dis vrai , ma jeunesse éteinte Ne peut plus inspirer d'amour !

Tu dis vrai , l'amour n'a qu'un âge De tendre et pur enivrement.

Plus tard, l'anjour est un orage Qui consume le Cdur aimant.

3t2 MEZZA VITA.

Tu dis vrai , la beauté perd vite Son suave et pur velouté; Et quand la jeunesse nous quitte, Elle emporte la volupté.

Qu'il est beau le seuil de la vie Pour la vierge de quatorze ans Qui s'offre, ignorante et ravie, Aux délices des jours présents !

J'ai connu ce réveil de l'ange, Où beauté, candeur, à la fois Captent l'amoureuse louange De toute âme et de toute voix.

J'ai recueilli sur mon passage Cet encens, ce parfum sans prix.

Involontaire et chaste hommage Qui s'échappe des cœurs épris ;

Et de cette rapide aurore, »

De ce culte à jamais perdu , J'ai trouvé des traces encore Dans les lieux où je t'ai connu.

Par ce souvenir rajeunie.

Je pensais, crédule à ta voix :

« Ma jeunesse n'est pas finie; Je suis belle comme autrefois :

» Il m'aime !... » Je me crus aimée.

Folle erreur dont je m'enivrai , Pour moi ton âme s'est fermée.

Je ne me plains pas ; tu dis vrai :

Rien ne peut rendre au cœur son ivresse première ; Repousse mon amour fatal et douloureux.

Sous un ciel éclatant d'azur et de lumière. Je te vis, je t'aimai; je fis un songe heureux.

CANTO DELL' ULTIMO AMORE. 31i

11 est brisé !... Ma vie est close !

Adieu! je sens le froid du soir;

L'amour, triste métamorphose,

Fait place à l'austère devoir ! •

Adieu ! sur un lointain rivage Quand mon nom viendra te frapper, Devant ma douloureuse image, Puisse une larme t'échapper!

Pense à moi , si ta vie est sombre ; Si l'on te trabit, pense à moi; Et parfois caresse mon ombre Toujours errante autour de toi.

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