‹ Poésies complètesChapitre 24 sur 160 · NÉANT · texte numérisé non relu

NÉANT

Eh ! pourtant quel mortel ne se prit à pleurer

En voyant près de lui tour à tour expirer

Tous ceux qu'il chérissait, êtres eu petit nombre,

Unis à notre sort, qu'il soit riant ou sombre.

Fractions de notre âme, où nous avions placé

L'espoir de l'avenir, le charme du passé ;

Amis, parents, objets de nos idolâtries,

Que la mort vient faucher comme des tleurs flétries !

Quel désespoir profond et quel amer dégoût ,

Quand l'àme qui s'éveille entrevoit tout à coup

Que tout sera néant, que tout sera poussière,

Que la terre elle-même , aride nourricière.

Après avoir mêlé ses fils à son limon ,

Deviendra dans l'espace une chose sans nom!...

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