NÉANT
Eh ! pourtant quel mortel ne se prit à pleurer
En voyant près de lui tour à tour expirer
Tous ceux qu'il chérissait, êtres eu petit nombre,
Unis à notre sort, qu'il soit riant ou sombre.
Fractions de notre âme, où nous avions placé
L'espoir de l'avenir, le charme du passé ;
Amis, parents, objets de nos idolâtries,
Que la mort vient faucher comme des tleurs flétries !
Quel désespoir profond et quel amer dégoût ,
Quand l'àme qui s'éveille entrevoit tout à coup
Que tout sera néant, que tout sera poussière,
Que la terre elle-même , aride nourricière.
Après avoir mêlé ses fils à son limon ,
Deviendra dans l'espace une chose sans nom!...