‹ Poésies complètesChapitre 36 sur 160 · A VAUCLUSE · texte numérisé non relu

A VAUCLUSE

Ce torrent, qui bondit et jette Son écume de neige et d'or , Était l'emblème du poète Quand sa muse prenait l'essor.

A ces bords sa gloire s'allie ; Son ombre est le Dieu de ces eaux Mais le chantre de l'Italie N'éveillera plus ces échos.?

Sa voix énergique et suave Se fit entendre tour à tour, Défendant sa patrie esclave Ou chantant ses rêves d'amour.

Mais aujourd'hui, Rome avilie Revendique en vain des héros :

Non, le chantre de l'Italie N'éveillera plus ces échos.

Plus de Rienzi, plus de Colonne i, Plus de grand homme inspirateur ; De Capitole où l'on couronne Le poète triomphateur ;

1 Les plus belles camuni de Pétrarque sont des odes patriotiques adressées aux Colonne et h Rienzi, qui avaient tenté de ressusciter la Rouie antique.

Plus de femme qu'on déifie, Ange qui bénit nos travaux :

Oh ! le chantie de l'Italie N'éveillera plus ces échos.

Adieu, rive qu'il a chantée, Rocher d'où jaillirent ses vers, D'où sa poésie enchantée A pris son vol dans l'univers !

Dans mes jours de mélancolie Souvent j'errais sur ces coteaux , Et le chantre de l'Italie Éveillait pour moi leurs échos.

A Vauclusc, 1833.

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