LES FLEURS QUE J'AIME
Par vos guirlandes , Les champs, les landes Sont diaprés :
La marguerite Modeste habite Au bord des prés.
Le l)luet jette Sa frôle aigrette Dans la moisson ; Et sur les roches Pendent les cloches Du liseron.
Le chèvrefeuille Mêle sa feuille Au blanc jasmin , Et l'églantine Plie et s'incline Sur le chemin.
Coupe d'opale, Sur l'eau s'étale Le néimfar; La nompareille Offre à l'abeille Son doux nectar.
Sur la verveine Le noir phalène Vient reposer; La sensitive Se meurt, craintive, Sous un baiser.
De la pervenche La fleur se penche Sur le cyprès; L'onde qui glisse
80 FLKURS DU MIDI.
Voit le narcisse Fleurir tout près.
Fleurs virginales, A vos rivales, Roses et lis , Je vous prétV're , Quand je \ais faire Dans les taillis Une couronne Dont j'en\ironne Mes blonds cheveux , Ou que je donne A la Madone Avec mes vœux.
r.tiùieaii de ScTvanne, \A'M.
BIANCA NEYE.
Giovane donna i»lù Vjianra clu; neve.
PSTIIAI'.CA.
Que j'aime à voir tomber, par un ciel attiédi, La neige en blancs flocons sur nos monts du Midi Avant qu'il soit souillé par les traces du pâtre , Le ciel se réflécliit dans ce miroir d'albâtre, Et le soleil, brillant d'un feu plus vif encor. Sur le cliamp virginal sème ses gerbes d'or : Mais bientôt, profané par les fils de la terre, Le voile étincelant se détruit et s'altère;