DOLORÈS
« Cette jeune fllle richonicnt parée, ti belle, mais si triste, me dit-il, se nomme Dolorèg ; elle assisie a toutes nos fêles sans y prendre j)art. Elle est toujours pAle et rêveuse comme vous la vovez ; on sou|x;onne, ajouta t-il bien bas, que c'est une fille naturelle du roi. Connaît-elle le secret de sa naissance? on pourrait le croire à l'expression douloureusement or(;uei lieuse de ses traits. Mais n'essayez pas de lui parler, elle vous répondrait avec dédain ou garderait le silence ■ A peine m'eiitil (lu'ttf's que je m'approchai de Dolorès et lui adrc«sai respectueusement la parole.
(Exilait d'un roman o/inf/iiol.)
« Vous n'aimez pas le bal , et vous restez assise Lorsque mille danseurs que l'orchestre électrise Glissent autour de vous en groupes variés; Quoi! vous ne sentez pas des ailes à vos pieds? Jamais on ne vous voit , rieuse et bondissante, Vous jeter dans les flots de la foule dansante, Et, dans ce tourbillon volant sans le savoir, Ne finir qu'au matin le bal ouvert le soir. Dans le monde pourtant vous «"'tes attirée. Vous y venez toujours calme, belle et parée, Charmant tous les regards , mais les dédaignant tous : On dirait que ce monde est un désert pour vous. Votre ûme habite-t-elle alors une autre sphère? Ah! s'il en est ainsi, que venez -vous donc faire Dans nos fêtes? Pourquoi porter avec orgueil Parmi nos fronts joyeux un front couvert de deuil ? »