‹ Poésies complètesChapitre 95 sur 160 · FAT ST · texte numérisé non relu

FAT ST

Tu l'as toujours !

Paris IS37.

L'INDIENINE, 179

L'INDIENJNE.

Souvent, au hord du Gange, à l'heure où le soleil Jette un réseau de feu sur le lleu\e vermeil, Dans le kiosque embaumé qui se baigne à la ri', e Sous ses voiles flottants la bayadère arrive ; Une esclave la suit en portant des parfums. Alors, se délivrant des voiles importuns, L'Indienne se plonge en un bain de porphyre , Et du store entr'ouvert, où glisse le zéphire. Elle voit fuir les flots en longs rubans d'argent, Laisse errer son regard sur leur prisme changeant, Suit un nuage d'or dans les cieux, ou contemple. En rêvant à Brama, la coupole du temple. Son esclave à genoux agite l'éventail.

Répand sur soi sein nu l'essence du sérail, Ou berce mollement son extase rêveuse Aux accents de sa voix pure et voluptueuse. Et quand le soir, chassant la chaleur du midi, Fait courir un air frais sur le fleuve attiédi. Abandonnant le bain d'où l'aloës émane , L'Indienne s'assied sur la molle ottomane. Et l'esclave attentive, abaissant le rideau, Étanclie sur ses bras les blancbes perles d'eau , Noue autour de son sein la tunique de gaze, Suspend à son oreille une étoile en topaze. Voile sous ses cbeveux sa fraicbc nudité ^ Et la sirène émue attend la volupté.

Paiis, 1835.

180 PENSEROSA.

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