CORINNE A OSWALD
Ainoiiri $ii|iréme puissance du ccrur, myglérieux cnlliousiasme qui rcnfcrni»; en luimême la po<'sie, l'héroïsme ei la rcli{;ion.
Corinne,
Oui , l'aimer est un bien ; car depuis que je t'aime , Mon être se transforme en aspirant à toi ; De tout ce qui t'est cher je veux être l'emblème ; Ton amour m'a donné comme un second baptême ; Ton amour, c'est ma foi !
Toi! c'est l'ange divin qui me veille à toute heure, Qui me voit , qui m'entend , qui me parle tout bas , Qui rend mon cœur plus pur et mon âme meilleure, Qui me fait triompher, quand je faiblis et pleure. Dans mes jours de combats.
Providence adorée à ma garde commise.
Ton cœur me persuade et m'incline à sa loi! Je deviens à ton gré courageuse et soumise ; Ton âme est la lumière à mon âme transm'se, Et qui rayonne en moi!...
Ton âme est le foyer qui me brûle et m'éclaire ; Je reste suspendue à ton moindre penser, Et je vis en tremblant pour t'ai mer et te plaire , Car tu peuK me punir par un mot de colère , Ou me récompenser!
CORIN.NE A OSWALD. 181
Si je cherche l'éloge et reiloute le blànie, Si mon esprit s'élève et mon cœur s'ennoblit , Si de douces vertus renaissent dans mon âme, C'est pour toi, noble ami, qui veux dans une femme Tout ce qui l'embellit !
Pour toi dont la tendresse éclairée et profonde Demande que j'aspire à m'élever toujours, Que mon intelligence à la tienne réponde , Que je sois à la fois et l'idole du monde Et l'ange de tes jours!
Pour toi, sublime et bon , qui me veux douce et tendre. Mais sans éteindre en moi la poétique ardeur Qui fait qu'en t'adorant mon cour peut te comprendre. Qu'à ton sort glorieux je luis aussi prétendre. Que je sens ta grandeur!
A tous mes sentiments ton image se mêle ; Elle inspire mes vers les plus harmonieux , Me donne le désir de te paraître belle. Et d'avoir chaque jour quelque grâce nouvelle Pour que tu m'aimes mieux.
Même absenl, devant moi ta présence rayonne, Et je te sens toujours marcher à mon côté ; Je sais que tu me vois lorsque je fais l'aumône , Et mon âme, en étant compatissante et bonne. Reflète ta bonté.
Les mots que l'on me dit, moins l'esprit et la grâce. Me rappellent les tiens que je redis tout bas ; L'air qui vient m'eflleurer, c'est ton souffle qui passe; Et pour moi, chaque bruit qui glisse dans l'espace. C'est le bruit de tes pas!
Si j'accepte l'encens de ce monde friNole, Il s'épure en mon cœur [lour remonter vers toi,
182 PE>JSEROSA
Vers toi qui Je l'amour m'as donné l'auréole , Vers toi, mon seul orgueil, vers toi, ma seule idole, Ma seule gloire à moi !
Sois béni de m'aimer, car tu m'as rajeunie! Je sens un noble orgueil d'a\oir su te charmer. Ton amour me révèle une sphère infinie; Je crois à ma beauté , je crois à mon génie. Puisque tu sais m'aimer !