‹ Poésies complètesChapitre 98 sur 160 · IMITATION DE MOORE · texte numérisé non relu

IMITATION DE MOORE

Pars, puisque la gloire t'appelle !

Mais lorsque tu t'enivres d'elle, Oh! du moins, souviens-toi de moi!

Quand la louange autour de toi Se répand douce à ton oreille , Ah ! que mon image s'éveille Dans ton cœur, souviens-toi de moi !

D'autres femmes te seront chères.

D'autres bras pourront t'enlacer, Et tous les biens que lu préfères Sur tes pas viendront se presser; Mais si celles que ton cœur aime Sont heureuses auprès de toi , En goûtant le bonheur suprême, Oh! toujours souviens-toi de moi!

La nuit, quand ta vue est charmée Par ton étoile bien-aimée.

Alors , oh ! souviens-toi de moi .

Pense qu'elle brilla sur toi Un soir où nous étions ensemble ; Et quand sur ton front elle tremble , Oh! toujours souviens-toi de moi.

186 PENSEROSA.

Lorsque clans l'été tu reposes Tes yeux sur les mourantes roses Que nous aimions tant autrefois , Lorsque leur parfum t'environne , Songe à cette heure où sous mes doigts Je t'en formais une couronne Puis les effeuillais avec toi; Et toujours souviens-toi de moi.

Puis , quand le vent du nord résonne , Et que les feuilles de l'automne Glissent éparses près de toi , Alors , oh ! souviens-toi de moi.

Lorsque tu contemples dans l'àtre La flamme ondoyante et bleuâtre , Oh! toujours souviens-toi de moi!

Si des chants de mélancolie Tout à coup viennent te frapper, Si tu sens ton âme amollie Dans une larme s'échapper; Si ton souvenir te murmure L'harmonie enivrante et pure Que j'entendais auprès de toi, Oh! pleure, et sou\iens-toi de moi !

Pari», 1835

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