IMITATION DE MOORE
Pars, puisque la gloire t'appelle !
Mais lorsque tu t'enivres d'elle, Oh! du moins, souviens-toi de moi!
Quand la louange autour de toi Se répand douce à ton oreille , Ah ! que mon image s'éveille Dans ton cœur, souviens-toi de moi !
D'autres femmes te seront chères.
D'autres bras pourront t'enlacer, Et tous les biens que lu préfères Sur tes pas viendront se presser; Mais si celles que ton cœur aime Sont heureuses auprès de toi , En goûtant le bonheur suprême, Oh! toujours souviens-toi de moi!
La nuit, quand ta vue est charmée Par ton étoile bien-aimée.
Alors , oh ! souviens-toi de moi .
Pense qu'elle brilla sur toi Un soir où nous étions ensemble ; Et quand sur ton front elle tremble , Oh! toujours souviens-toi de moi.
186 PENSEROSA.
Lorsque clans l'été tu reposes Tes yeux sur les mourantes roses Que nous aimions tant autrefois , Lorsque leur parfum t'environne , Songe à cette heure où sous mes doigts Je t'en formais une couronne Puis les effeuillais avec toi; Et toujours souviens-toi de moi.
Puis , quand le vent du nord résonne , Et que les feuilles de l'automne Glissent éparses près de toi , Alors , oh ! souviens-toi de moi.
Lorsque tu contemples dans l'àtre La flamme ondoyante et bleuâtre , Oh! toujours souviens-toi de moi!
Si des chants de mélancolie Tout à coup viennent te frapper, Si tu sens ton âme amollie Dans une larme s'échapper; Si ton souvenir te murmure L'harmonie enivrante et pure Que j'entendais auprès de toi, Oh! pleure, et sou\iens-toi de moi !
Pari», 1835