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NOTICE BIOGRAPHIQUE XLVII

cieux à cette époque où les déplacements, plus rares et moins lointains que maintenant, faisaient de ce véhicule, pour les parcours un peu longs, le mode de transport obligé de la petite bourgeoisie qui n'avait pas d'équipage.

Notre voyageur partit donc pédestrement, quelque hâte qu'il eût de se retrouver au milieu des siens, bâton de pèlerin à la main, carnet dans la poche, gibecière au côté et boîte d'herboriste au dos, bien décidé à ne laisser échapper aucune de ses impressions et à conserver souvenir des lieux qu'il traverserait ainsi que des paysages qui frapperaient ses yeux.

Voyage de jeune homme artiste, comme on le voit, où l'imprévu et le pittoresque, le hasard des rencontres et l'attrait de la découverte prennent la place de la routine ou de rornière.

C'est ainsi qu'un matin il se vit surpris, assis sur une pierre, devant un château, l'album sur les genoux, par un curieux qui s'était indiscrètement approché de lui, sans qu'il le remarquât, pour juger de son talent et suivre les progrès du croquis, quand il s'entend interpeller par son nom.

Aussitôt Dovalle de se retourner, présentant à son interlocuteur sa physionomie intelligente et vive, puis marchant à lui et, de sa taille bien prise s'inclinant avec distinction, de le saluer.

XLVIII CHARLES DOVALLE

La conversation s'engage et, quelques instants plus tard, notre touriste apprend de la bouche du visiteur qu'il n'était autre que le propriétaire du château luimême, M. le comte de Cissé, qui, pris de sympathie pour lui, le fit son prisonnier et le garda une semaine entière, à sa très vive satisfaction !

Une active correspondance s'établit depuis lors entre le châtelain quelque peu poète et l'étudiant dont les qualités l'avaient séduit, ce qu'il exprime en ce vers :

Vous reçûtes du ciel la franchise en partage.

Dovalle s'était fait un ami de plus.

Et qui ne l'eût aimé non seulement pour sa franchise, mais pour sa cordialité, sa droiture et sa jovialité. A Poitiers comme à Saumur^ il avait vite conquis l'estime et l'affection de tous ceux qui le connaissaient, quoiqu'il vécût d'une vie très retirée : c'étaient Massé qui, après avoir été professeur de droit distingué, devint conseiller à la Cour de cassation ; Chabot de Bouin, auteur dramatique, collaborateur de Scribe ; Philibert Dusouil, docteur-médecin à Melle ; Dury, Bernier, etc.

De son séjour dans cette ville datent vraiment ses premiers essais en poésie *.

^ Ils forment dans la série de ses manuscrits le cahier qui a pour titre Poésies et où il avait réuni ses premiers vers de Saumur et dç Poitiers,

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