‹ Poésies complètes. PubliéesChapitre 26 sur 95 · NOTICE BIOGRAPHIQUE LVII · texte numérisé non relu

NOTICE BIOGRAPHIQUE LVII

— Où trouveras-tu le teneur de livres, le correcteur, le faiseur d'adresses ?

— Toutes ces fonctions diverses seront remplies par nous mystérieusement et les portes closes. Allons, du courage !

La foi robuste de L. Desnoyers finit par triompher des objections de ses contradicteurs, la création du journal fut décidée et il en fut institué Rédacteur en chef.

La petite feuille reçut d'abord le nom de Journal des Salons et fut imprimée sur papier rose, non « parce que le besoin d'un journal rose se faisait généralement sentir », comme le disait plaisamment le programme, mais pour flatter l'œil du lecteur, et il dut à cette circonstance, si l'on en croit Alexandre Dumas, autant qu'aux noms de ses rédacteurs peut-être, de recruter un grand nombre d'abonnements féminins.

Mais, comme elle ne s'occupait pas seulement de littérature légère, mais aussi de politique ; qu'elle paraissait plus d'une fois par mois et qu'elle était d'ailleurs périodique, elle tombait, en conséquence, sous l'application du Timbre,

Son directeur eut alors l'ingénieuse idée, pour éluder les dispositions de la loi fiscale, d'en changer le titre et de la publier sous trois noms différents : le lundi et le jeudi, avec cette appellation : le Sylphe (journal des

LVIII CHARLES DOVALLE

salons); le mardi et le vendredi, sous celle du Lutin (écho des salons), et le mercredi et le samedi, de Trilloy (album des salons).

C'est sous cette triple incarnation que, nouveau caméléon, parut transformé, le Journal des Salons^ qui vécut jusqu'à la Révolution de 1830 ' en se dérobant à l'impôt du timbre.

Dovalle, malgré le succès de ses deux chansons et de sa coopération à la formation de divers recueils de pièces inédites ^ auxquels il envoyait des poésies qui le rangeaient parmi les plus brillantes recrues de la nouvelle École, avait compris vite que, pour rester dans cette populeuse et grande cité parisienne en possession de la faveur d'un public chaque jour renouvelé, il fallait être en communication constante avec lui par le journal.

Il avait donc accepté avec empressement la proposition de Louis Desnoyers ^, lequel lui confia dans la

* Le titre du Sylphe, qui, l'on n'en peut douter, avait été indiqué par Dovalle, a été repris de nos jours par une petite revue littéraire de l'Isère.

^ \J Almanach des demoiselles, notamment, à la rédaction duquel il contribua avec d'autres Angevins (V. Pavie, F. Henry, Albéric Deville, Mordret, etc.), en donnant : Un jour de mars ; — La Psyché, choix de poésies en vers et en prose, 10' volume, 2^ année, où parut, en 1829, La Baigneuse, Le Diamant, et qui contenait aussi une poésie de lui, mais qui ne parut qu'après sa mort.

3 Ce fut lui aussi qui, devenu rédacteur du Siècle, qu'il avait contribué à fonder, ainsi que la Société des gens de lettres — grâce à laquelle il

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