‹ Poésies complètes. PubliéesChapitre 6 sur 95 · PREFACE XV · texte numérisé non relu

PREFACE XV

Pauvre Dovalle ! on dirait vraiment, quand on lit son histoire entre les lignes de son volume de vers — et c'est encore, hélas! sa meilleure biographie! — on dirait qu'il avait le pressentiment de son court destin. Et l'on ne peut lire sans émotion ses vers à une jeune femme délaissée *, les derniers qu'il ait écrits et qui furent traversés dans son portefeuille par la balle stupide qui l'envoya dans l'autre monde :

Brillant d'un bonheur ineffable, Pour moi commençait l'avenir, Et ma jeunesse était semblable A la fleur qui vient de s'ouvrir.

Mais les anciens avaient raison de dire que ceux qui meurent jeunes sont aimés des dieux. Dovalle a eu la bonne fortune d'aller à l'immortalité, porté sur les ailes du génie (Victor Hugo) qui domine la poésie lyrique de ce siècle. Qui sait ce qu'il fût advenu de lui, chargé d'années et d'un plus lourd bagage?... La mort, en le fauchant dans sa fleur, en a fait une sorte de demi-dieu pour sa ville natale qui lui érige cette année même un monument. Et c'est un de ses concitoyens qui a illustré l'édition de ses oeuvres que je présente aujourd'hui au public^ comme c'est un autre enfant de Montreuil qui

* D'autant qu'ils rappellent à quelque chose près les circonstances dans lesquelles André Chénier écrivit sa Jeune Captive.

CHARLES DOVALLE

nous raconte sa vie dans la substantielle notice qu'on va lire. Dovalle aura donc eu tous les honneurs qu'on peut désirer en ce monde.

Léon-Séché.

Paris, 7 iiiin i

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Armoiries de Montreuil- Bellay

Montreuil- Bellay — Église et Château (côté de la rivière)

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