LE PACTE OU LES TROIS FEMMES
Le jeune homme rêva. — La voix dit : « La seconde, « La coquette, qui joue avec sa tresse blonde, « Et de son œil distrait laisse, comme au hasard, « Vers ce groupe amoureux échapper un regard, « Celle-là, folle enfant à la bouche rieuse, « Chaque jour plus jolie et plus capricieuse, « Ajoute à sa parure un nouvel ornement, « Irrite les désirs et lutine un amant. »
— Le jeune homme sentit du feu sous sa paupière.
La voix continua : — « Celle-ci, la dernière,
« La plus belle des trois... cette femme aux grands yeux,
« Dont le regard est doux comme un rayon des cieux ;
« Qui, sur de blancs coussins, avec tant de souplesse,
« Penche son corps brûlant d'amour et de mollesse,
< Elle est à toi !... — Génie !... infernal ou divin,
« Qui que tu sois, merci !... Tu ne m'as point en vain
« Fait de tant de bonheur savourer l'espérance !
« Parle, que te faut-il ? — Avec quelle assurance
« Tu t'engages ici !... Sais-tu, jeune imprudent,
« Ce que peut, quelque jour, te coûter un serment ?...
« Si... je voulais... de toi... si... j'exigeais... — xVchève !
« Achève... Chaque instant peut dissiper mon rêve !...
« —Eh bien ! s'il me fallait... du sang? — Prends tout le mien,
« Voilà mon sein... mon bras... ouvre ma veine ! — Bien !
« Et si je demandais plus que du sang... ta vie ?...
« — Ma vie !... — Oui ! — Oue demain elle me soit ravie !
« Mais pas avant demain !... — Je veux encore un jour ! « Un seul jour, la garder pour connaître l'amour ! »
— « Par les quatre éléments, par l'enfer que j'adjure,
« Mon pouvoir t'appartient !... prends cette bague !... Jure
« De ne la point quitter !... A présent, que ta main
« De ton sang, ençor chaud, signe ce blanc vélin :
« Signe donc ! sans trembler, bien !... Désormais ordonne,
« Epuise les souhaits... demande une couronne,
« Un palais, des trésors... tout ce que tu pourras
« Rêver de plus exquis... demande, tu l'auras. »
— « Toutes les trois à moi !... » s'écria le jeune homme.
— « A toi toutes les trois !... lui répondit le gnome : « Mais, songe à me payer le prix du talisman ! » Ajouta-t-il avec un long ricanement.
— « Ne crains rien, je suis prêt. — Que ton audace est folle ! « Combien de temps veux-tu ?... — N'as-tu pas ma parole?
— « Je viendrai dans trois mois.— Dans trois mois je t'attends...
— « Au revoir ! —Au revoir ! —Tu me suivras ?... —J'entends ! »
Vous
Comme une douce erreur, Comme un riant mensonge..
(M™« Desbordes V.
Dans tous mes rêves c'était vous !
Vous étiez belle, Et je tombais à vos genoux :
Ou si, rebelle, Quand vous me donniez un doux nom, Je disais : « Non !... »
Je vous voyais, vive et boudeuse,
Belle grondeuse.
Sous vos mains cacher vos grands yeux
Puis après, avec un sourire
Presque joyeux, Vous pencher sur mon front, et dire
« Je vais pleurer... »
Et je sentais alors mon âme Se déchirer.
« O jeune femme, « Reviens me tendre encor les bras...
« Ne pleure pas !
« Ton sourire est doux ; mais des larmes
« Sur tant de charmes, « Sont un filtre mystérieux...
« Ne pleure pas, ange aux doux yeux !... »
Vive et légère, Soudain vous regardiez les cieux ;
Et votre douleur mensongère.
Flot par un autre flot heurté Et rejeté.
vous
S'effaçait pour ne plus paraître :
Comme un éclair, Comme une larme dans la mer.
A l'heure où l'aurore va naître,
Oh ! que de fois, Tenant une rose dans vos doigts,
Le sein nu, la paupière humide.
Le front timide.
Les sens accablés de langueur,
Rouge et brûlante.
D'amour tremblante, Posant une main sur mon cœur.
Oh ! que de fois, belle des belles !
Vous m'avez couvert de vos ailes
En frémissant,
Moi, caressant, Moi, palpitant avec délire, Et n'osant dire :
« Pourquoi viens-tu de m'embraser ?
« Femme, un baiser!...
« Je veux un baiser de ta bouche... »
Vous deviniez :
Et sur le duvet de ma couche Vous incliniez...
Tout-à-coup, l'aurore jalouse
De mon épouse Venait annoncer le départ :
Elle fuyait !... mais un sourire.
Mais un regard, Mais une bouche qui soupire,
Pleins de regrets, venaient me dire :
« Enivre-toi, « Jeune homme !... Le bonheur, c'est moi !... »
Volaptc
.... Hominum divumque voluptas , Aima Venus!...
LuCR...
Comme de leurs rameaux s'enveloppent les saules Dont l'humble tronc se dérobe aux regards,
Dénoués dans nos jeux, laisse tomber, épars,
Tes noirs cheveux sur tes blanches épaules.
Autour de moi jette un bras nonchalant; Par un charme invincible à ma bouche attachée. Sur mes genoux reste couchée, Comme un capricieux enfant.
Et pour mourir tous deux dans une même extase, Que sur mon sein ton sein se soulève éperdu ! Que dans mon souffle ardent ton souffle confondu Des mêmes flammes nous embrase !
Ainsi deux sons de harpe ensemble vont mourir, Ainsi deux échos se répondent Ainsi deux baisers se confondent,
Ainsi deux longs soupirs ne forment qu'un soupir.
'Sî^ym
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Gaule.
compatriote