‹ Poésies complètes. PubliéesChapitre 69 sur 95 · LA BERGERONNETTE · texte numérisé non relu

LA BERGERONNETTE

Bepgefonnette

Pauvre petit oiseau des champs, Inconstante Bergeronnette, Qui voltiges, vive et coquette.

Et qui siffles tes jolis chants ;

Bergeronnette si gentille, Qui tournes autour du troupeau, Par les prés sautille, sautille.

Et mire-toi dans le ruisseau !

Va, dans tes gracieux caprices" Béqueter la pointe des fleurs.

Ou poursuivre, aux pieds des génisses.

Les mouches aux vives couleurs.

Reprends tes jeux, Bergeronnette, Bergeroimette au vol léger ; Nargue Tépervier qui te guette !...

Je suis là pour te protéger.

Si haut qu'il soit, je puis l'abattre. . , Petit oiseau, chante ! . . . et demain, Quand je marcherai, viens t'ébattre, Près de moi, le long du chemin.

Moi, qui voyage sans compagne.

Moi, pauvre amant, triste et rêveur.

Errant dans la verte campagne.

Quand je suis seul avec mon cœur.

C'est ton doux chant qui me console Je n'ai point d'autre ami que toi !

Bergeronnette, vole, vole.

Bergeronnette, devant moi ! . . .

^on t^êve

A Béranger.

« Jeune imprudent, ne brave pas l'orage,

« L'indépendance est un mot oublié !

« Courbe ton front ! » me disait un vieux sage

Qu'au char des grands la crainte avait lié.

« Que le bandeau qui couvre nos misères,

« Lui dis-je alors, par vous soit écarté :

« Mais moi, qui suis dans l'âge des chimères,

« Ah ! laissez-moi rêver la liberté !

« Si votre cœur, lassé de trop de haines, « A soixante ans, ne peut plus s'émouvoir ; « Si, sans frémir, vous contemplez nos chaînes.. « Moi, j'ai vingt ans, je ne veux pas les voir !

« D'illusions j'ai bercé ma jeunesse, « Je crains encor la triste vérité. . . <^ Gardez, gardez votre froide sagesse, « Et laissez-moi rêver la liberté ! . . .

« Quand les bourreaux, sous d'injustes entraves, « Des nobles cœurs ont comprimé l'essor, « Serfs indolens, que des milliers d'esclaves « Pour s'affranchir n'osent faire un effort ! « Moi, du soleil je sens les étincelles, « Du champ des airs, aiglon déshérité, « Moi, vers les cieux, je tends encor mes ailes... « Ah ! laissez-moi rêver la liberté !

« Je sais qu'au sein même des républiques,

« La liberté craint les ambitieux. . .

« Je sais qu'il est des prêtres fanatiques

« Qui se sont mis à la place des dieux.

« Mais je caresse un séduisant mensonge,

« Je suis amant ! . . . Rois, pontifes, beauté,

« Puisque pour nous elle n'est plus qu'un songe,

« Ah ! laissez-moi rêver la liberté ! »

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