‹ Poésies complètes. PubliéesChapitre 73 sur 95 · NEALA OU LA FUITE · texte numérisé non relu

NEALA OU LA FUITE

« Contemple leur barque qui vogue, « Souris à leur témérité :

« Protège-les . . . Dans la pirogue « Sont l'amour et la liberté ! »

Mais, écoutons ! . . . Quel son magique Là-bas frémit si doucement ? . . .

C'est Télasco, le jeune amant, Qui, dans un chant mélancolique, Demande à des dieux protecteurs, Pour celle qui porte des chaînes.

Un doux sommeil, l'oubU des peines Et des songes consolateurs.

TELASCO

« Noble orgueil, fragile espérance « De la terre de nos aïeux, « Ton cœur a connu la souffrance « O Néala ! ferme tes yeux !

« Dans ma case avec soin fermée « Mon présent était préparé :

« Les parens de ma bien-aimée « Contre leur cœur m'avaient serré.

« Déjà nos mains s'étaient unies,

« Déjà nous avions, au carbet,

« Pressé de nos lèvres amies

« Le tuyau du long calumet.

« Noble orgueil, fragile espérance « De la terre de nos aïeux, « Ton cœur a connu la souffrance :

« O Néala, ferme tes yeux !

« Quand elle vint, qu'elle était belle ! « Qu'elle brillait parmi ses sœurs !

« C'était l'élégance des fleurs, « Et les grâces de la gazelle !...

« Le plus vieux sachem lui sourit^ « La tribu lui rendit hommage, « Et l'on dansa sur le rivage, « En invoquant le grand esprit.

« Noble orgueil, fragile espérance « De la terre de nos aïeux, « Ton cœur a connu la souffrance :

« O Néala, ferme tes yeux !

« Soudain un cri se fit entendre ; « Des étrangers viennent à nous...

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