NEALA OU LA FUITE
« Contemple leur barque qui vogue, « Souris à leur témérité :
« Protège-les . . . Dans la pirogue « Sont l'amour et la liberté ! »
Mais, écoutons ! . . . Quel son magique Là-bas frémit si doucement ? . . .
C'est Télasco, le jeune amant, Qui, dans un chant mélancolique, Demande à des dieux protecteurs, Pour celle qui porte des chaînes.
Un doux sommeil, l'oubU des peines Et des songes consolateurs.
TELASCO
« Noble orgueil, fragile espérance « De la terre de nos aïeux, « Ton cœur a connu la souffrance « O Néala ! ferme tes yeux !
« Dans ma case avec soin fermée « Mon présent était préparé :
« Les parens de ma bien-aimée « Contre leur cœur m'avaient serré.
« Déjà nos mains s'étaient unies,
« Déjà nous avions, au carbet,
« Pressé de nos lèvres amies
« Le tuyau du long calumet.
« Noble orgueil, fragile espérance « De la terre de nos aïeux, « Ton cœur a connu la souffrance :
« O Néala, ferme tes yeux !
« Quand elle vint, qu'elle était belle ! « Qu'elle brillait parmi ses sœurs !
« C'était l'élégance des fleurs, « Et les grâces de la gazelle !...
« Le plus vieux sachem lui sourit^ « La tribu lui rendit hommage, « Et l'on dansa sur le rivage, « En invoquant le grand esprit.
« Noble orgueil, fragile espérance « De la terre de nos aïeux, « Ton cœur a connu la souffrance :
« O Néala, ferme tes yeux !
« Soudain un cri se fit entendre ; « Des étrangers viennent à nous...