‹ Poésies complètes. PubliéesChapitre 75 sur 95 · NEALA OC LA FUITE · texte numérisé non relu

NEALA OC LA FUITE

NÉALA

« Vois-tu la cruelle ?

« Mon doux ami... parlons plus bas !

« Elle est là 1... sa bouche menace... « Ah ! son regard me fait trembler !

« Télasco ! tout mon sang se glace...

« L'étrangère va m'immoler :

« Notre tyran l'a méprisée, « Il Ta chassée avec dédain, « Il a dit : « Ta chaîne est brisée, « Néala, je t'offre ma main... »

« Moi j'ai dit : « Je garde ma chaîne... » « Et l'étrangère, avec horreur, « S'éloigna, méditant la haine « Dans le silence de son cœur.

« Le soir... j'eus soif... j'étais bien lasse !... « Elle enleva mon lourd panier...

« Puis, elle m'offrit dans sa tasse « Le doux breuvage du palmier...

TÉLASCO

« Quel voile affreux ta main soulève !... « Néala!... mon amie... achève... »

Mais sa langue qui la trahit S'arrête muette et glacée :

Son œil s'éteint, son front pâlit, Sa main est vainement pressée :

Une affreuse immobilité Engourdit ses membres débiles ; Son ami pleure à son côté :

Vain désespoir ! pleurs inutiles !...

Un cri plaintif, un long soupir Entr'ouvrit sa bouche mourante...

Télasco n'avait plus d'amante :

Elle avait cessé de souffrir !...

Liïi

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