NEALA OC LA FUITE
NÉALA
« Vois-tu la cruelle ?
« Mon doux ami... parlons plus bas !
« Elle est là 1... sa bouche menace... « Ah ! son regard me fait trembler !
« Télasco ! tout mon sang se glace...
« L'étrangère va m'immoler :
« Notre tyran l'a méprisée, « Il Ta chassée avec dédain, « Il a dit : « Ta chaîne est brisée, « Néala, je t'offre ma main... »
« Moi j'ai dit : « Je garde ma chaîne... » « Et l'étrangère, avec horreur, « S'éloigna, méditant la haine « Dans le silence de son cœur.
« Le soir... j'eus soif... j'étais bien lasse !... « Elle enleva mon lourd panier...
« Puis, elle m'offrit dans sa tasse « Le doux breuvage du palmier...
TÉLASCO
« Quel voile affreux ta main soulève !... « Néala!... mon amie... achève... »
Mais sa langue qui la trahit S'arrête muette et glacée :
Son œil s'éteint, son front pâlit, Sa main est vainement pressée :
Une affreuse immobilité Engourdit ses membres débiles ; Son ami pleure à son côté :
Vain désespoir ! pleurs inutiles !...
Un cri plaintif, un long soupir Entr'ouvrit sa bouche mourante...
Télasco n'avait plus d'amante :
Elle avait cessé de souffrir !...
Liïi
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