‹ Poésies complètes. PubliéesChapitre 79 sur 95 · V. Hugo · texte numérisé non relu

V. Hugo

La jeune fille est blanche et rose, Son beau sein jamais ne repose ; Elle a sur son cou des cheveux

Blonds et soyeux ; Des yeux bleus où l'amour pétille, Et de longs regards enflammés,

Pour dire : « Aimez

« La jeune fille ! »

JKUM-: FILLE

Pendant les heures du sommeil

La jeune fille fait des songes

Tout pleins de séduisants mensonges ;

Puis, au réveil, Elle sourit, comme pour dire Au doux soleil un doux bonjour,

Et ce sourire.

C'est de l'amour.

L'amour sur sa bouche vermeille Parfois se berce ; mais tremblant, Et timide encore, il sommeille,

Ou fait semblant ; Et souvent l'haleine enfantine De la jeune fille aux yeux bleus

Souffle et badine

Dans ses cheveux.

La jeune fille, vive et folle, Oublieuse du temps qui fuit, Se désespère et se console

En une nuit.

On voit tour à tour sur sa joue La pâleur et le vermillon.

— Tel vole et joue

Un papillon.

Elle donnerait ses parures, Ses tissus brodés, ses rubans, Ses colliers d'or et ses ceintures

De diamans, Pour une robe de bergère, Pour voltiger en liberté,

Blanche et légère,

Un soir d'été.

La jeune fille se couronne

De fleurs qui vivent un matin ;

La jeune fille s'abandonne

A son destin :

Un souvenir, une espérance.

Des jeux passés, des jeux présents,

L'insouciance,

Et puis quinze ans !

AT Oa 3HI0TA>10'J

Page 1