‹ Poésies complètes. PubliéesChapitre 81 sur 95 · CONTE FANTASTIQUE · texte numérisé non relu

CONTE FANTASTIQUE

Ainsi qu'un hamac de soie Oui se balance et qui ploie, Par un vent frais agité, Sur votre croupe écumeuse Bercez, vague paresseuse, Bercez, bercez la beauté !

Et les ondes abaissées.

Par le doux fardeau pressées, Frémissent de volupté ; Et, de loin, le jour projeté Un doux rayon que répète L'eau du bassin argenté.

Et sur la voûte de marbre.

Comme les feuilles d'un arbre, S'agite un mouvant réseau :

Réseau d'ombre et de lumière.

Oui fatigue la paupière Et glisse, en tremblant, sur l'eau ;

Et la baigneuse ingénue Va folâtrant toute nue ; Et, de moment en moment,

q4 POESIES DE CHARLES DOVALLE

De la belle inattentive Un faible soupir arrive A l'oreille de l'amant.

Flots parfumés dans le bassin d'agate, De son corps nonchalant poursuivez les trésors Flots caressans, dont le toucher la flatte, Baisez, baisez son beau corps !

Lies pt^ayeut's

— La peureuse !... oh ! la peureuse !... Tu trembles et tu rougis !...

« Est-ce la brise amoureuse « Qui vient d'agiter ces lis ?... »

Dit la baigneuse.

Elle écoute et sourit : « Rien..., dit-elle, tant mieux ! « Tantmieux...j'avaiseupeur !...» — Elle reprend ses jeux.

Page 1