‹ Poésies complètes. PubliéesChapitre 84 sur 95 · LA CHASSE INVISIBLE · texte numérisé non relu

LA CHASSE INVISIBLE

lia Chasse invisible

Ballade

— « Loys, Loys, mon petit page, « Ce que j'entends, est-ce l'orage

« Oui gronde en passant sur les bois ?.

— « Me semble, dame châtelaine, « Que j'ouïs, là-bas, dans la plaine, « Un cor, des limiers et des voix.

— « Un cor, lorsque la nuit est close ! « Des voix, quand tout dort à l'entour ! « Des limiers, quand le chien repose « En attendant le point du jour !

« Des voix, des limiers, une trompe, « Cela ne s'entend à minuit; « Beau Loys !... la fra3'eur vous trompe... « Pourtant... quel peut être ce bruit ?...

« Dis-moi, dis-moi, mon petit page, « Ce que j'entends, est-ce l'orage « Oui gronde en passant sur les bois ?. — « Me semble, dame châtelaine, « Que j'ouïs, là-bas, dans la plaine, « Un cor, des limiers et des voix.

— « Bel enfant, on dit que dans l'ombre

« D'horribles fantômes en deuil,

« Des larves, des esprits sans nombre,

« En hurlant sortent du cercueil.

« De sons confus ô quel mélange !...

« Mon Dieu ! comme le ciel est noir !... >

Et le bruit était plus étrange,

Et la peur entrait au manoir.

— « Loys, Loys, mon petit page, « Ce que j'entends, est-ce l'orage

« Oui gronde en passant sur les bois ?

— « Me semble, dame châtelaine, « Que j'ouïs, là-bas, dans la plaine, « Un cor, des limiers et des voix. »

Et tout-à-coup une fanfare, De longs et rauques aboîmens,

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