‹ Poésies complètes. PubliéesChapitre 91 sur 95 · LA CASCADE · texte numérisé non relu

LA CASCADE

Soavenit^ des environs de Thoaars

Lia Cascade

Là, sur les blancs tapis d'une mousse argentée, Parmi de hauts rochers et d'arides sommets, Tremblent à tous les vens la scabieuse agitée Et les rouges œillets.

Gravissez, à midi, ces pointes inégales ; Du courage ! écartez ces églantiers pendans : Troublez, sous leurs buissons, les criardes cigales, Dans ces granits ardens.

Comme un jeune chamois, franchissez les abîmes ; Qu'autour de ces cailloux s'attachent vos deux mains Allez ! bientôt vos pieds marcheront sur des cimes Vierges de pas humains !

Oh ! comme l'air, ici, semble exhaler la joie ! Le ciel, comme un cristal, s'étend immense et pur ; Et le vaste horizon autour de vous déploie Sa couronne d'azur.

Maintenant, moi, j'irais m'asseoir sous les vieux chênes, Calme, tranquille, heureux, pour respirer le frais. Au murmure confus des cascades prochaines : Et, là, je rêverais.

Car là rien ne viendrait distraire mes pensées; Qui ?... peut-être un lézard, au soleil endormi, Qui court, en s'éveillant, sur des herbes froissées Et se cache à demi ;

Dans l'humble serpolet, sur les fleurs odorantes, Peut-être un papillon de la couleur du ciel ; Peut-être, autour de moi, des abeilles errantes. Oui butinent leur miel ;

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