‹ Poésies complètes. PubliéesChapitre 92 sur 95 · SOUVENIR DES ENVIRONS DE THOUARS I · texte numérisé non relu

SOUVENIR DES ENVIRONS DE THOUARS I

Ou bien peut-être encore, une bergeronnette, Capricieux oiseau qui voltige toujours, Et chante, par les prés, ainsi qu'une fillette Heureuse en ses amours.

Et je dirais alors à l'abeille distraite. Oui dans la poudre d'or cache son aiguillon, Je dirais au lézard, à la bergeronnette. Au joli papillon :

« Hôtes de ces rochers, vagabonde famille, « Si jamais elle vient, oh ! parlez-lui de moi, « Et dites-lui : « C'est là qu'il s'assit, jeune fille, « Pour mieux songer à toi ! »

R une Jeune pille

Sic7it lilium in vallis.

Ps.

Ta joue est pâle, jeune fille, Est pâle comme un lis en fleur ; Dans tes yeux une larme brille ; Tous les jours tu dis à ton cœur :

« O mon cœur, ne bats pas si vite, « Sommeille, mon cœur, si tu peux !

Et tu souffres, pauvre petite, Et tu ne sais ce que tu veux !.,.

fHon Avenip

A Madame ***.

Air : ^ soixante aîîs

Vous m'avez dit, avec un doux sourire : « J'ai des secrets aux mortels inconnus. « De la magie éternisant l'empire, « Les mots sacrés jusqu'à moi sont venus, « Et sans effort je les ai retenus. » Moi, pauvre enfant, qui me fie aux étoiles. Qui des sorciers redoute le courroux, Je viens, crédule, embrasser vos genoux : De l'avenir si vous percez les voiles, Ah ! dites-moi, dites, que voyez-vous ?

Sous le rocher, ma nacelle enchaînée

D'un vain roulis tourmente son repos.

Au port banal est-elle condamnée ?

S'usera-t-elle, esquif sans matelots,

A repousser toujours les mêmes flots ?...

Moi, je voudrais voguer loin de la terre !

Mais, prisonnier du sort qui rit de nous,

Je sens les fers qui nous retiennent tous...

Qu'ils soient brisés !... fût-ce par le tonnerre !...

Ah ! dites-moi, dites, que voyez-vous ?

A quels destins a-t-on voué ma vie ?

De ma jeunesse ai-je perdu les fleurs ?

De jours plus beaux doit-elle être suivie ?

Ou, dévorant de muettes douleurs.

Le soir encor, dois-je verser des pleurs ?

Dites-moi tout ! j'ai soif de tout connaître;

Sans murmurer, je me résigne aux coups

Que sur ma tête amasse un sort jaloux...

— Mais dans vos yeux un souris vient de naître.

Ah ! dites-moi, dites, que voyez-vous ?

lies Pâquerettes '

Charles Dovalle à son ami D.

« Cueillez les blanches pâquerettes L'amour aime la fleur des prés :

Courez avec les bergerettes, Courez, jeunes filles, courez ! »

Et loin du vieux château, trois vierges de la ville. Toutes les trois dans leur printemps, Effleuraient d'une course agile Le sommet des gazons naissants ; Des légers papillons, rivales élégantes.

Toutes les trois au zéphire amoureux Avaient livré les ceintures flottantes Et les boucles de leurs cheveux.

* Cette poésie, qui ne figure pas dans les éditions de Dovalle, a été publiée pour la première fois par M. Tornezy dans la Rroue des Provinces de l'Ouest du i^*" juillet 1890.

Fragile ornement du rivage, Et le pâle narcisse et la rose sauvage

S'amoncelaient entre leurs bras.

Et quand des guirlandes fleuries, Assemblage confus de l'émail des prairies.

Un instant arrêtaient leurs pas, Elles chantaient d'une voix enfantine, Et puis leur main qui courbait un berceau Abandonnait les feuilles d'églantine

Aux caprices du doux ruisseau.

Cependant, timide et pensive, Nelly s'éloigna de ses sœurs ; La tendre Nelly sur la rive Disait en contemplant les fleurs :

« O ma mère, quelle est la cause De ce vague mais doux tourment !...

« L'amour... ce n'est pas lui !... tu me l'as dit souvent. L'amour est la feuille de rose Que l'on jette sur le torrent... »

Soudain des chants joyeux partirent du bocage, Ils firent tressaillir la vierge qui rêvait ; Sa main entr'ouvrit le feuillage :

Ses soeurs dansaient, et l'écho répétait :

« Cueillez les blanches pâquerettes, L'amour aime la fleur des prés :

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