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LES PAQUERETTES I

Courez avec les bergerettes, Courez, jeunes filles, courez. »

Mais loin du bruit, deux gentes pastourelles Sous un saule éloigné portant des pas discrets,

Ont en chemin cueilli des fleurs nouvelles

Oui vont leur dire des secrets.

D'abord, en un profond silence,

Les bergères ont comparé La forme des bouquets, leur couleur, leur nuance,

Et de bonheur la plus jeune a pleuré : O fleurs ! elle bénit votre douce magie !

Puis elle presse entre ses doigts charmants

La pâquerette épanouie.

Trompeur oracle des amants.

A sa compagne qui se cache Elle sourit avec gaîté, Puis, sa main, sans trembler, arrache Au disque d'or le rayon argenté.

Un peu fait rougir son amie.

Elle dit tout h?iS point du tout, Arrache encore, enfin s'écrie, Beaucoup, ma chère, il t'aimera beaucoup !

Nelly les avait entendues.

Un doux sourire embellissait ses veux

Et vers les jeunes inconnues Elle marchait d'un pied mystérieux.

Son cœur palpitait d'espérance, Son sein battait avec timidité, Elle était belle d'innocence, De pudeur et de volupté.

Mais sous le chêne séculaire, Elle découvre un tertre gazonné, Une croix noire, un tombeau solitaire.

Et sur la tombe un jeune homme incliné Elle approche, il entend sa robe Frémir d'un léger mouvement...

Le jeune étranger se dérobe A l'œil indiscret du passant.

A la croix était attachée

Une couronne desséchée

Puis des myrtes entrelacés.

Et sur la pierre funéraire.

Avec le nom de la bergère,

Ces tristes mots étaient tracés :

« Repose en paix, ô mon amie, Nous aurons dans les cieux d'éternelles amours

Rappelle-toi les fleurs de la prairie : Elles disaient : Beaucoup ! Et moi je dis : Toujours. »

LES PAQUERETTES i i-

Nelly récita la prière

Que pour les morts on dit aux champs, Et quelques pleurs mouillèrent sa paupière, Quand les zéphyrs apportèrent ces chants :

« Cueillez les blanches pâquerettes, L'amour aime la fleur des prés !

Courez avec les bergerettes, Courez, jeunes filles, courez ! »

Décembre 182J,

Lia Jeune }^etn délaiss'

Et noluit consolari...

La souffrance a creusé mes joues ; Les larmes ont terni mes yeux...

Toi, pauvre enfant, tu ris et joues Dans mes bras, crédule et joyeux !.

Oh ! que j'envie à ton enfance, Cher petit, son charm ngénu, Et sa tranquille ins e,

Et son cœur qui nu !...

* Cette pièce inachevée a été retirée du portefeuille traversé par la balle, et nous la donnons ici avec les traces de mutilation que cette balle y a laissées.

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