‹ Poésies complètes, revues sur les manuscritsChapitre 2 sur 228 · VIS DE CHARLES D ORLÉANS. XIII · texte numérisé non relu

VIS DE CHARLES D ORLÉANS. XIII

maistre d'école. En 1403, Charles VI lui faii une jiension de i !i,0()o livres d'or.

Je n'ai plus présente à Tesptit ta date des pourparlers qui eurent lieu sur la question de le marier avec la marquise de Moravie, nièce de Wenceslas, roi des Romains. Louis d'Orléans, très-ambitieux pour son ëls comme pour lui, le vo^itdéjn, grâce â cette uniotij roi de Bohême, de Hongrie et de Pologne. Ce projet "maeine. Le 4 juin 1404, on le bancs

dun

iclsabetîe, fille âmê de Charles VI, v " qu'elle : "

eâdixai

1 France depuis le mois d'août 1401. Le iimiiaKE Eui lieu le 39 )uîn 1406. La jeune princesse avait alors dix-sept ans, — elle était née le i3 novembre ' iSatj, — Charles, quinze ans. » Pleuroil fort ladite Isabeuu, • dit Juvénal des (Jrsins, qui indique en la

Iirincesae un grand dépit d'avoir pour mari un enfant. B lis, dans une des noies de Gaignères qu'elle apporta à ce jeune e'poux 5oo,ooo fr.!ncs de dot. J'avais d'abord été tenté de trouver là quelque confusion avec les 3oo,oao francs de la dol que les Anglais devaient restituer et qu'ils gardèrent, en menaçant de conserver la princesse, si on ne leur permettait pas de la dépouiller. Les archives nationales, dans l'original du

par laquelle Charles VI promet de d 300,000 livres. Quant à Louis d'Orléans, il assigna pour douaire à sn belle-fillc six mille livres de rente sur la châteiîenie de Crécy en Brie. Les dispenses nécetsaires pour célébrer te inariaae entre cousins germains avaient été accordées par Benoit Xllf, à Tarascon, le 5 janvier 1405.

Nous ne savons rien de ce mariage, sinon que la pauvre princesse mourut ec couches le i3 septembre 1409, laissant une lille, celle même dont la naissance lui coûtait la vie. Quelques biographes s'étonnent que Charles n'ait pas chanté son bonheur, lui qui aimait tant, disent-ils, k entretenir le pubhc de tout ce qui a lani vanté sa seconde femme, : Ils en concluent qu'il a été fort 'embarras même oïl ils sont pour e beauté que le prince a chantée.

li le concernait lionne d'Arm^n malheureux. Mai deviner qui est ci démontre au impressions.

s'il disa

volon

s aventures,

faibAÏldc lapocsie, non du la chroDÎr:iije scandaleuse. Je montrerai plus lard, du reste, que rien ne prouwe qu'il n'ait pas adressé ses vers à Isabelle, et c'est pure Èntaîsîe de supposer que son poëme s'inspire de Bon ne d'Armagnac, morte deux ans avant le temps où il envoie un incssaBer A cetre dame Beauté, le soi- ■ disant symbole de la demoiaelle d'Arraagnac,

Quoi qu'il en soit du rfvc ou du cauchemar qu'a pu être pour lui celte première année.de ménage, il en fut réveillé par un terrible coup. Le 23 novembre 1407, Louis d'Orléans êlail assassine par les gens du duc de Boui^ogne, n la plus piteuse et douloureuse Aventure, dit Monsirelei:, qui de longtemps filt arriva BU chrétien royaume de France. •

La nouvelle de ce crime fut apportée à Chfteau- Thierry oîi il était avec sa femme et sa mire. Cette

AÎoh, de Dunois et de Beaumont, ïa baronn Coucy, la chûtellenie de Chauny, Fallouel

dren, le duché du Luxembourg^ le ,

les droits qui pouvaient lui venir du chef de sa mère, héritière des ducs de Milan, et un véritable trésor d'objets mobiliers. iMais il lui imposait aussi une Ùluatioii que nous allons étudier.

A la mort de son père, Charles, jusque-là comte d'Angoulcrae, devint duc d'Orléans et l'un des quatre , ehefe de la féodalité franjaise. Je compte, en alïet, ' avec lui, non-seulement le duc de Bourgogne et le duc de Bretagne, mais aussi le roi d'Angleterre. Il faut bien 1 comprendre la situation de ce dernier pour expliquer

. . __ ;e dernier pot

:r la conduite de Charles d'Orléans en maînte

'■ \ngleterre était dans une post-

n analoQue à celle du roi de Sicile, prince français,

seigneur de l'Anjou. Il Était, nonpasseulementun roi

étranger, mais un grand baron français par droit If-

E'I.ine de mariage et d'héritage. A ne consulter que s vieux usages féoduuï. largement interprétés dans ces temps de troubles, ses pairs pouvaient, sans for-

faire k l'honneur contemporain, voir en tui un allié. Celait là le vite de la féodalilé déclinante. Elle avait Ëti: le pragrts, la civilisation , le salui de la France, elle an devenail la ruine. Après avoir été une institu- $on féconde, elle Était un parti, et comme l'Iiisioire OQUale montre de tous les partis, elle mettait ses préjugés Btsea iniérdis au-dessus deti instincts supérieurs de la famille, du patriotisme, de la morale et de la religion. J'insiste sur cela avu doit éclairer, ai-je dit, que1(]Ues points de cette biographie. On ne prou- "jait pas djrande Équité j'imagine, en faisant peser __ jr Charles d'Orléans tout le poids des butes et des

- idées de son temps.

Je n'ai pascomprisles barons du Midi dans ma liste des puissances féodales. Ecrasé depuis la guerre des Albiueois, obligé de lutter, constamment contre les Anglais maîtres de la Guyenne, ce pays cherchait ù formerdes ligues de province poursa propre défense. Mais il n'avait pas à présenter un seigneur dont la puissance pût se comparer à celle des quatre grands princes que nous venons de signaler. Il se mâla pourtant à la lutte et y prit bientûl, grâce au génie de son représentant, le comte d'Arroagnac,une part priipondérante. Dans le début, et avant d'être un des derniers incidents de la grande querelle entre le Nord et le Midi, avant de devenir le suprême événement de la ~ bataille engagée entre la France et l'Angleterre, l'atTaire

- fut surtout un duel féodal, une sorte de combat ju-

■ diciaire entre Orléans et Bo-urgogne. Duel, combat, où chacun en ajipelait au jugement de DJcu et oii la rt^au té devait intervenir comme juge de camp, pou- •rant, au moment venu, jeter entre les combattants le bâton de commandement qui devait les séparer. Mais débile encore, plus at^lb^e en ce début de sa puissance que la féodalité en son déclin, la royauté se

•fciiasa irainer à la suite des deux combattants pour

■ inecire au service tantôt de l'un tantôt de l'autre ce

' peu qu'elle avait alors de prestige et de force. I

11 nous faut nous contenter dece résumé de la situation historique au milieu de laqi ' aita depuis la mort de son pire

; S'agita led'Aïin

Etait-il bien capable de diriger et de dominer des événements aussi graves que ceux où il se trouvait si brusquement, si douloureuBement yex/t, événements

SVI PRÉFACE.

dont la graviié allait se licvslopper de jour en jour et le mettre lui en une telle lumière que l'histoire de France n'est plus â ce moment que l'histoire de Charles d'Orléans: C'est la première de toutes les questions sur lesquelles les biographes i-"- -'■-

ccorJ;

:ede

cette £tude, je voudrais me délier de l'enthousii des uns comme de la rudesse critique des autres.

On ne peut pas demander à cet ndolesceni de seize ans, quittant brusquement la luteltc d'un père telque Louis d'Orldans, d^avolr vu tout clairement que lui, . wn nom, son (>Brti allsienl devenir la France, la nalionalité française et d'avoir été de prime abord à U hauteur d'une telle situation. Je reconnais volontiers q^u'il n'j fut jamais — et pour y être, il n'eût foUu rien moms que voler la couronne et prendre le pouvoir royal. — Ce fut son nom plutôt que sa personne qui commanda son parti, et il fut un drapeau vlutfit qu'un chef. Si je puis dire, levraicheffut Bernard d'Armagnac et il portait notre duc comme un drapeau. Je sais bien encore que les qualités intellectuelles lines et charmantes que Charles montra plus tard et qui étaient essentielles à sa nature, n'accompagnent généralement pas les dons du ^rand capitaine et du grand homme dEtat. Mais il n'était pas si dénué au on le dit de l'ambition i^ui distingue son père, de l'atvieur CI de la diplomatie que montra Valentine. Nous le voyons toujours en tête des siens, à labatailteet mêlé à tous les conseils. Il n'était sans doute pas en iaeda les diriger; toutefois il accepta volontiers les plus énergiques, et il tes suivit, revenant sans cesse à la rescousse, reprenant toujours la lutte. On lui reproche d'avoir laissé â son frère Philippe la plus grande part du soin de la guerre, on oublie qu'il ciait, non.aeulcment chef de guerre, mais chef de famille et chef ^e parti et qu'il avait des devoirs politiques, des fbnctioiiâ diplomatiques à remplir qui pouvaient Cori bien le forcer à remettre à son frère une autre partie de aoii fardeau. On l'accuse encore d'avoir accepté à plusieurs reprises de faire la paix avec l'assassin de son père. Ne feutîl pas tenir compte et des circonstances et de l'autorité royale qui reparaissait, en ces moineiin là, avec toute sa puissance et son prestige pour dominer l'adolescent, et aussi de l'impression profonde que pounûent faire dans ce jeune et sincère esprit les coo-

[e gens pieux qui parlaient du pardon des inju-

, . s rBllex.ions des gens graves . - . .

I besoin que la pauvre France at'a.ii i

et touïoUTS. et aussitôt qu'il le put, il reprit les soins

de sa vengeance et de sa politique.

On le voit trop tel qu'il fut plus lard quand, alourdi physiquement, et moralement affaissé par vingt ans de capiïvité, il eut pris pour devise Nonchaloir, pour consolation l'Insouciance et pour Dieu la Résignation. On oublie que ce sont les pins ardents, les plus actîls, les plus atnbiiieux que l'Age amollit le plus I quand ils ont lutté longuement contre des liens que nul effort n'a pu briser.

Il me serait Kicilc de montrer combien Charles dcpcnsa d'éneraie, si je pouvais entrer dims les détails minuiîeui de ces sept années de luttes. Mais, ainsi que je le disais plus haut, sa biographie, à cette date, eest toute l'histoire de France. Elle est connue. Je n'en veux indiquer que les grandes lignes et quelques plus particuliers, ou pl-us ignorés, ou plus personnels B. noire pocie.

Louis d'Orléuns avait été assassiné le 7 novembre. La première pensée de Valemi ne est pour la sûreté de ~ ifants. Elle les envoie au château de Dlois où . . .. .immenee ces travaux de fort iti en il on s, ces amas dianillerie qui vont se continuer pendant les années les, dans les principales forteresses des domai-

..'Orléans. Messire Guillaume de Brnquemoni,

messire Guillaume de Trie, ec Pierre de Mornay, ati-

£eur de Gaules, chevalier fort connu sous le nom Galuei, nous sont indiqués par divers documents mtne présidant alors la maison militaire des d'Or- . ins: Galuct surtout, qui était chambellan de Charles d'Orlfans, et qui devint gouverneur du chAteau de Blois. Nous avons ses quittances en cette qualité, de juillet 1408 à février 1409. Nous le retrouvons aou- -ent dans le cours de cette biographie, Nous viiyons lOtamment qu'il accompagnait Valenlinc, partant le (4 novembre 1407, — Monstrelet ne nous indique on arrivée que le 10 décembre, — pur le plm lerrlile hyver du siècle, pour venir i Paris dcmniiAcT engeance de la mort de soa mari. Elle y v'inx. a-JM „ ,... ,-..„ ^,. ,„ ,. . .--..-.fliie^ ^nc dvi !•■

n pl'is jeune fils, Jean, C

I la Fomiul*^ ment au roi pour n d'Orléan». Ghir-

f en estât du plut haull deuil, dit le Geste desnobJct

3ui devant euat esti veu. • Mais, comme le dit Juv^a es Ursins, • F<cur lors elle ne lit guère*. ■ Ella aval pourtant en son nom ei, • comme avant la aarde e gouïernemeni de ses enfants, . selon ■ "qu'elle empinya toujours, prêté t

Ie« diverses seigneuries de la mai . ..

les, après s'ilre priiparii de son mieux à la guem fasiii à prévoir, et avoir notamment gagné l'allianco du dul de Bretagne, vint i Paris pour faire lui-m^e cet hommage de ses terres au roi. Sa mèra l'avait prdcdd£ de quelques jours. Cette foit elle était arrivée le ï? Hofii; 1406, avec une suite <|ui était une armée. Cs i^ili*tre du cgnsell du roi dit que ce Fut le lundi aS. • EIK arriva en une llllère couverte de noir, à quatre çHf vaulx couverts de drap noir, à heure de veiprca, ac' compaignezde plusieurs charios noirs plein* de daiatl et de femmes et de plusieurs ducs et ïqitiQr et nM d'armes. « ■ Environ huit jours après, écrit MonitreUl Charles — il avoil été nommé comte d'AngouInnt jusqu'à la mort de son pÈre —d'Orléans accortipaftt de ïoo hommes d'arme» — environ i5oo homme» -i vintà Paris. » ■ C'étoilleg'jourde septembre, dit Juvt nal, le duc d'Orléans en bien humble esiat, vMtU 0 noir, tout droit s'en alla & Saint-Paul vers le roy ptn] lui demander vengeance de la mort de son père, t Vl lenline resta A Paria avec sa belle-fille. Si nous en ju seona par certains détaïlsdomestiques qu' P__.,.t ;.. j. , , — ^.^j-ilai

:t papiers de la m

elle y fl

a assez longtemps, plus longtemps mémoqua j upposé. En erfet, PhilippotBoulart, épiel»! !...-;.i.u„...i j.D.u.: .^ deBonâir-

char^é de fournir l'hosiel de Beliaigne 01

d'épiceries de chambre (dragéet et sucreries) tit qi;! p ralt feire un commerce lucratif puisqu'il vend et que jour une quinzaine de livre* de cette dpiCH nous donne le compte tle ce qu'il a livré en 1400 Madame Valentine de dragées (à lo sous la llvr«), ij noii confites (à 7 sou» la livre), de pignolel, de luci rosat, etc., pour la fûte du roi. Ce devait être le 4 ne vembre. Valenline mourut le ^ du mois suivant Blois, "de courroux et de deaplaisaneedece qu'tlton pouvoit avoir justice de non feu bon seigneur |

Charles était depuis lonciempa retourné à Blofi Noua l'y voyant au mois ae sipieiabre, l'accupim

>u jours de foriili

n elkt, plus

i bonnes villes et ai

I parti.

ensd'armas oui proiiiem son aciiviti et sa prévoyanca. lire autres aJiails noua voyons que treize émyen Il formaient, si je ne me trompe, une compagnie de tarante hommes lui coulaient «7 tranc& par mois. Dis la mort de sa mère, Chartes VI l'cmaneipeel lui foililon deioufi lesdroitsde garde el de prîseauxquels 1b rai availdruitcommeiuleurdcs princes mineurs. Le principal obstacle qui s'opposait a la pacilïcatioa de^ Migneurs de la âeur de Us paraUfiait enlevé avec la monde l'dnergique et vindicative duche&Ee. Le a mars 1400, le roi mande à Chartres plusieurs membres du 'jiarremeni pour avisera la païï entre las princes. On feue lire dans les mémoires de Monstrelet et dans leeui de Saint-Remi le récit de la scjne de réconciliaqui se passa alors en cçtte ville de Chartres, émouvante et grande, où Charles et ses frères Aireni loin de montrer cette faiblesse donc on les accuse. Mais que pouvaient fairç ces entants doublement orphelins à qui le roi, l'Egliia, toute la Krance, pour ainsi dire, venaient au nom de la religion et du pa> itriolisnie imposer le pardon des injures r Mais si, comme l'indique un chroniqueur, ils consentirent à fe laisser embrasser par Jean, de Bourgogne, la ten- ;dresse ne fut pas loxi^ue. Le conseil royal a beau ri-

«1er la maison militaire de Charles, décider — pour ! temps qu'il passera à Paris, autant que je puis itomprendra — qu'elle se composera, en dehors des conseillers, chambellans et gentilshommes, de dou» Chevaliers et dou^e escuyers servant quatre par que* ^tre pendant deuï moi», ayant bouche à cour, foin et •vome pour quatre ou deux chevaux et payés, lescheiTHliers : 5 sous, les escuyers : 1 sous par jour, il passa ['aisément par-dessus ces règles. Le cartujoire de Sen* le montre dès scptenabre 140g, cherchant É ^s bonnes villes dans son parti. Nous le endant celte année 1409 à Biais ou au chA- Brle-comte-Roberl. Au i" juin 140g une lecte nous le montre à ■ Monsiereau où Fault

septembre de celte année qu'il perdit,

il, sa premiÈra femme ^ pour la mort

de laquelle le duc eut au cieiir irËs--grand'daukur, et depuis prit cotisolation pour l'amour de - '^"~ -''

e lille qoieoùi

Blois

t ia vie à sa mire. Celle con&olation assez vïTe, (|uaiaue le Religieux de Saint-Denis parle de ses continua lamenla. Galuet, qui avait élé dépêché vers le comte d'Arm: yinlavecun traité d'alliance politique et mal Charles se lîançaïtavec Bonce, tille de ce comte d'Armagnac et de Bonne de Berry. Les âançailles eurent lieu à Meun-sur-YÈvre. Dans Vioten-alle des préparati^. nous le voyons, en janvier, février, mars 1410, 1 1 signa, fin mars, les comptes de son secr£icre Pierre Sauvage. Il avait refusé de celte ■ çrande compagnée • de princes et KiEOE"! ;> i^ue le roi avait convoquée à Paris, à la Noël de l'annéequi venait de ânir.

Il ne paraît pas avoir donné grand temps aui ffitei de son mariage; peut-^tre d'ailleurs n'y eul-il que dei fiançailles^, et le bon chanoine Claude Dormay, dans, ion iiistoire de Soissons, incline fort à penser qu'il n'y eut (amais autre chose et que te mariage an fut. pas consommé. Toute cette année 1410 est pour lui, pleine d'activité diplomatique. On se préparc énergiquement à la guerre. Le i5 avril, il est à Gien où se fonde défi ni tivemeat ta tigue Orléannise, entre les princes d'Orléans, les ducs de Berri, de Bourbon, de Bretagne, tes comtes d'Alençon, d'Armagnac, etc. Ce comte d'Armagnac était le général , l'horame

Colitique qui avait manqué jusqu'ici: lui trouvé, : parti d'Orléans était désormais fondé, jusqu'à o qu'absorbé par l'énergie du chef réel, il devînt l parti d'Armagnac , le parti Dauphinois , le parti d< Jeanne d'Arc, national et français. Chartes était venu A Gien avec son chambellan et maréchal, Galuet, el vingt-neuf gentilshommes dont les noms nous ontéti^ conservés et dont tes gages étaient de i5 livres pu mois. Il y vint aussi avec une bourse bien garnie, «^^ mjus le voyons notamment prêter au duc de fiourtfor une somme de 200 livres, a propos de laquelle, e. (■nvier suivant, il se fâclia contre son trésorier qu voulait la réclamer. Après cette assemblée, il rest dans le pays à armer ses gens. En juillet, il est Amboise. Mais tout est prêt, les princesse réuw Knt encore à Chartres, au commencement de sepiei bre. " Et aprÈs, les ditsOrléanois vinrent, atout If

— .^ ^^ Chartres jusqu'à Monthléry, et ^ V"

-~— de Paris se l()gèreiit. « Dans le ■-^'-

septembre, Charles esi à Etampes. Il vient se lo- ^er a l'hâtel de l'âvéque de Paris, à Geniilly, et ses

feus arrivÈrent jusouau faubourg Saint-Marcel et à I porte Bordelles. Après de Douvellea assemblées à Gien, en août etaepiembre, i! passa le mois d'octobre à Bicéire, auprès de son oncle le duc de Bcrry, et il distribua, aux officiera, aux ménestrels de son dit oncle la somme de i iS livres. Puisque nous aomincs sur ces détails intimes de la vie de notre poète — nous devrions dire du la vie de son siècle — constatons que la livrée delà bûche, c'est-à-dire le bois de chauffage destiné aux principaux serviteurs, coûtait en cette ■na£e 1410, àce premier prince du sang royal, 1 livres S sous. Lcquarterondebûches en comptait 1,040, il coûtait 8 francs, ou 64 sous — le franc valant à ce moment-là 3 sous, — et le chancelier d'Orléans, qui était le premier des serviteurs, avait 6 quarterons ou 48 francs de bois pour sa provision annuelle.

l-ce que de celle qu'on donna tre prince quand on le mit à rançon. — Je désirerais, à chaque fois, donner l'équivalent en monnaie contemporaine. Cela est fort difficile, sinon impossible, à cause de la valeur relative qui changeait Évidemment selon l'espèce des objets. On dit généralement qu'il faut multiplier par 40 les chiflres monétaires donnés *ti xï" siècle pour avoir «ne idée de ce qu'ils vaudraient aujourd'hui. Cela me parait excessif, ou plutôt je voudrais distinguer. Ainsi, pour juger la position de fortune de ces chevaliers auxquels on donnait 3 sous par jour, et qui étaient de notables personnages, je crois que ce n'est pas exagéré, tant s'en faut, que de dire qu'ils sont dans une situation analogue aux employés du gouvernement actuel dont les émoluments sont de EoTrancs par jour ou 3,6oo francs par an. — Ces chevaliers étaient évidemment beaucoup plus élevés en grade que nos capitaines d'infanterie. Maïs quand je vois que la livre de dragées, par exemple, coûtait 10 sous, je ne puEs croire qu'elle valût ao francs de noire monnaie. Je ne veux pas trop ai longer cette parenthèse, si importante qu'elle -' même dans cette biographie. C'est donc par ~ —

et pour la satisfaction vague de — ' ■

te lecteur peut multiplier par 4x1 1

iBÎrun que|e lui donrierHi. Pour la valeur intrinsèque (le l'aigenl on a dos riisuliais plus positif» et je prend» ItB réBumis donnés par M. de Waillv. La livre tournois a valu, «ou» Charles VI, entre l'i franc» aS centime» et 4 francs 771 sous Ciiarles Vil, entre la.oS et 6,14; sou» Lou.s XI, entre a,ia et O.gg. La comparaison entre les chilftes de ces irais règnes prouve que ■ou» chaque rtgne la moyenne se rapproche beaucoup plus louvent du plus haut chiffre que du moindre. Les écus d'or et les saiuts d'or, qui n'en difFéraient pas sensiblement, valaienlà peu près un quart en plus de la livre, et il y avait une ditl'érence d'un sixième entre la livre partsis el la livre lournol». Il fflut que me» lecteurs h contentent de ces données, si |L>nërHtes qu'elles soient.

Nous retrouvons notre duc à Etampes ei It est de relourâ Blols en décembre 14J0; en janvier :4ii, il y reçoit, sans que j'en comprenne bien J cau«e. de» habitant) de Saint-Aignan, en Gerry, u fllde de 80 livres. Il y donne un reçu à Guillaume S zain, auditeur de ses compte», du prix de divers bJ jouxau'iiluiavflilremis pour vendre le 12 septembre prêchent. Puis, tandis que son maréchal Galuet passe

des revues ou montres de gens d'armes - '' "

reste de» procË s- verbaux scellés de son s moins, en juillet 1411 —le duc veille au payement de»e» hommes de guerre. Les gages des chevaliers, Ucuyers, archers, arbalétriers de son hâtel, au mois d* novembre 1410, montaicntà i,4rio livres 10 sous tournois. En février, les gages des archers, arbalétrier» et portiers du château de Blois seulement, voni t 2^2 livres, le» archers et les arbalétriers étant pajrfa environ 8 francs par mois et le portier 80 francs far an, Charle' continue de se montrer généreux enTSM le duc de Bourbon auquel il donna en ce moi» deHvrier 1 00 escu» d'or. GrosBe somme, si l'on pense qu'il octroyait à son frère Philippe 10 livres tournois par moi» pour ses menus plaisirs, en cette mÈrnc année 141 1. Pour lui-même et pour son argent de pocha, al |e puis dire, il se donnait, en 1414, au temps de U splendeur, 100 livres par moi».

En mars 14:1, il continuait de chercher à r

bler de l'argent. 11 met un droitd'octrol sur les grain* « vins amenés dans ses bonnes villes et c'est touiouf» poursuivre la réparation de la IrÈs-cruelle •

«lE SB CHARLBS I>'ORI.âANS. XXIll

Erii-lnbumains mort di Feu noetro irèa rsdoubté Mîgnour et pilre • et pour ■ repurcr l'onntiijr de monieign«ur le roy qui, en ce, a esté tant bleciâ, etc. i L'uiv yimt et le» «oldalB «tant prêta, il songeait à l'opinion publique, et dès le canuncncemcnt de cette année il .écrit BUK bonnuB viilts, à lUniversité, au roi, car tout prouvait que l'accord fait pendant ce ûiour à Bici!tr«, dont nous avons parlé, aérait vain. Ces lettres sont énergiques et claires. La derniËre. tiui fut |£crile au roi, dcJargeau, 14 juillet, est tort belle. On l'a Htlribuûe. sans grande raiaun, à Jean Gerson, Charlei d'Orféant ne devait pa» sans doute être tiranoer a ces conibiia de pluttie. Le 16 juillet panaient les lettres de déH dus fils d'Orléans à Jeun de BourKO);ne> La HUerrc est commencée, C'est le roi, on le iail, qui accepta le gant. Il proclama la forfaiture des Orléanaii, ïonnsqua le cotnti! de Sotssnns, réunit au bailliage éc Senlis les comtes de Valoia, Beaumont, etc. Pendant ee temps, ou plutôt avant ce temps, le ducd'Ot^ Mans éuit venu assiéger Paris. De sa personne, il logeait tantôt A Saint-Ouen, tantâl à Saint-Uenia. Ccsl à cette époque que se place ce fait raeoiité par la Chronique bourguignonne de la bibliothèque 4e Lille. Les Armagnacs en arrivant à SHint-DeniB, dit-elle, forcûrent lea co^'re» où ie trouvaient les joyaux de la reine et, parmi eun, une couronne, n laquelle le camM d'Armagnac l'asalsl sur la teste du duc d'OrlÉans et lui dit I • Monseigneur, pour sauver mon serment, j«

• vous fais roi de France, quoique vous n'en poss^iex > pas la terre. Mais cette possession, je voua la donnerai

* avant de retourner eo ma seigneurie, et je vous ferai '4 couronner â Reims. » Le bruit courait, en cH'et, et le Religieux de Saint-Denis le conlirme, que Ton voulait le faire roi de France, et un chevalier picard, Vivet d'Ëspincj*e, l'avait aHirmd en a|outantque ses adbi!xenla voulaient se partager la France. Ce pro)el a. bien pu traverser l'esprit ambitieux de Bernard d'Armagaac. Mais la haine du Parisien contre iea Arma-

Snaca était bien nialasmeni crfdule, la Chronique lloisc est bien lourdement, partialement et grossièfcmeai flamande, et Vivet d'iîspineuse fut fort aidé par la torture dans ses réviilations Le g octobre, vingt-huit des plus nobles chevaliers de l'armée orléa fiaise démentaient ces bruits avec indignation. Dans ce caneva» que nous donnons de la vie de

is que ie» détails absolu-

lic happé jusqu'ici aux hislorLcns, nous n avons pas a nous occuper de la retraite di;s Orléanais, mais un peu plus de leur allî le roi d'An(,'leterre. alliance que se disputai. . .. de Bourgogne comme le duc de Bretagne, que l'état ' ■- r- - ■- 'g féodalilÉ, et la situation particu-

:nrants de Louis d'Orléans peuvent expli

3ui reste une des grandes fautes politiques e la vie de Charles.

Elle commenta pourtant par lui procurer un traita de paix assez favorable. Dés le tz mars, les bases en sont arrêtées et presque tout le reste de l'anoée passe en négociations. Mais il tâllaît payer les Angli qui avaient vendu cher leurs services elqui pillaient de leur mieux en attendant qu'on leur payât leur solder Charles leur donna le plus d'argent qu il put tronvei* et remit, le 14 novembre 1412, «on Frère Jean d'An-

Îoolcme et quelques gentilshommes en otages pou* 3 somme de aog.qKjn francs Dès le 5 avril de l'année. suivante, Charles VI donnait n ses baillis l'ordre dé l'aider à faire rentrer les impôts tnis sur les domaine» d'Orléans pour le payement de cette rançon. Mais il

u.lqui

toujours arrêté par les plaintes au moment où il songeait à leur delide le prévenaient toujours en lui demandant une remise des anciens impâts

Le lï août, â Auxerre, la paix avait été solennelle^ ment proclamée entre les enfants du duc d Orléans et le duc de Hourgoane, Le mcme jour, on leur restitua leurs biens. Le 23, Charles renonce à l'alliance d An- Rleierre. Le 8 septembre, à Melun, il fait un traité particulier d'alliance avec Jean de Bourgogne. Le

il a

Il du r

epl.1

dignement cette antiée douloureuse en faisant xt. . les Grands-Jours â Blois. La paix solennelle eut le tort de tous tes traités qui devaient jamais intervenir' entre Orléans et Bourgogne. La guerre recommenfa plus âpre. En mars 1413, Charles est â Angers où il s'allie avec le roi de Sicile; après avoir toutefois, dÈa le 20 février, muni sa bonnecavede&loisdedixqueue»i de vin. Le a5 mai, on le déclare encore déchu de toua' ses honneurs et dignités. Le a septembre^, séance' du Parlement pour établir de nouveau la paix soleâ-. Ofilleentre les princes. Cette tbis, l'astre des d'Qrléanai

l CHARLES

rUans.

I remporte décidcm en u Du 5 au i5 sepiemUrc on lui renif tous ses biens. Il entre a Paria le 3o seplembre. Le itj du même mois, il avait reçu de l'empereur Sigisiaond — son allii, depuis le ii sepicmbre, contre le duc de Bourgo. ne — l'inveslilure du comti d'Asti. L'Université de Paris, sa vieille ennemie, veut bien simuler quelque tendresse pour lui. On

Va,\n\^„\^ rolic ..o.. I n'...:. j., .^,-

1 Petit

de

I gulgTions rexcommunicaiion dont dn a I Armaenacs. Le i8 décembre, il assiste aux lian^Bilies l de Charles — plus tard Charles VU — avei: Marie r d'Aniou. Pendant toute l'année 14.14 il est au faite de I sa gloire. Dès le mois de janvier il tail un traité avec I lareloejenKvrier il se trouve à Paris. Le pauvre roi, I qui l'année précédente le redoutait comme un mons- — le peut plus se passer de lui. Charles a hérité de

mère s

e Rfilc

farrés l VI le fi

riC, pénétrante, cette grâce de famille : e les contemporains, nous l'avons tu. l'aiiribuaienl la magie. Charles ra\ait exercée sur le duc de I Guyenne après le traite' d'Auïerre, maintenant le roi "•» était séduit au point, nous dît Loitin. CRistref de la ville d'Orléans, que Charle ait coucher dans sa chambre. Il le voula I tvoïr présent à ses conseils. Nous le vnvons au conseil tenu au Louvre. La guerre est 'déclarée par ' Charles VI au duc de Bourgogne. Le 6 juin, le roi donne â Charles 2,000 livres par mois pour l'entre-

uc de Bourgogne. Il accompagna Charles Vi pen- Li toute la campagne. L'armée va battre Compiegne dis que le roi et les princes vont l'y rejoindre par I Senlis et Vcrberie. Compiegne prise, le K mai, on vint I mettre le siège devant Soissons. Notre duc loge à l'ab- I baye de Saint-Quentîn. De là, l'on va à Lann où l'on 1 est joyeusement reçu. Le lo juin l'on part poi

I aller en Thïérache, à Ribémont, à Saint-Que

__aiiesse de Hai ,

vient inutilement feiri roi et le» princes gag

la

r du duc de Bourgogne,

-: Le

itin, puis à Pcronne où' l'on aines tentatives d'accommode- : le commencement de juillet, it en affaire avec l'Angleterre,

il donne nealliïres pour procurer un eauf-conduït S un Anglais. Le g, le toi ei les princeï vont en pcleriniiae à Motre-Dame de Citerlu et viennent meure le ri^e devant Bapaume. La ville prise, le ig, l'armée qui complait, selon Monstrelet, 200,000 peraonnea, se présente devant Arras. Le 8 septembre l'on fit la pBÎï. La duc d'Orléans résista longtemps à la signer. Dana les détails qui nous sont donnés, rien n^ndique le manque d'énergie que l'on aime i lui reprocher. La paix solennellement proclamée et jurée, le 6 marS] Charles VI et les princes regagnèrent, par Bapaume, Péronne, Noyon, Compi^ne, Senlis, ou l'on demeura le mois de septembre.

Dès le début de l'année I4i5,la Teille des Rois, nous voyons Charles au service que le roi fait célébrer à Notre-Dame de Paris, pour le repos de l'âme de Louis d'Orléans. 11 avait naguère quitté les habits de deuil ft la demande du duc de Guyenne. ! e 10 février, il prit part à des fêtes plus brillantes encore que celles Ob, velu d'une huque violette à boulons d'argent, il avait asMSié en 1413. Cette fois il iouia contre le duc de BaviÈre. Il reiourna ensuite a Url.-ans pour y faire ' " " me il le fil, du reste, encore

lUïons à cette date C"4"i) lison bien des renseigne- I, que 43 livres parisis va- Important, que sa maison dépensait en deux mois pour 10 livres g sous 4 deniers de souliezs et hoU' MBUlx. Arrive, avec le mois d'octobre la bataille d'A- ■incourt. Charles j amenait un contingent de cinq ceni» hommes d'nrmcs ou bassinets, sous le coromandemenlde Galuct. car il était avec le duc de Bourbon, commandant en chef de l'armùe. Le zo octobre, il eiivoie trois hérauts au roi d'Angleterre pour l'avertir qu'il livrera bataille au jour que calui-ci voudra choisir. Dans la nuit du 34 octobre il détacha deux cents hommes d'arme» pour observer la position de l'ennemi. I e zS octobre, au début de la bataille, il est à l 'avant-garde. Quelques auteurs disent qu'on l'a trouvé blessé, sous un monceau de morts: d'autres, qu'il échappa avec peine-à la tuerie des prisonniers dé-

... / '^ roi anglais ordonna à iafin de la bataille.

dans Sainl-Remy et Jovcnal des Ursins ' m qu'il eut avec Henri d'An"

r les Grands-Jours, co ta 1458 ei 1460 Nous I dans les camf<Ies de sa 1

laienl'331iv!

3n peut lir e rccit de 1

VIE DE CHARLES d'ORLÉANS. XXVII

ffleterre. Les documents anglais et notamment Harris Sicols, historien de la bataille d'Azincourt, assurent que le roi lui parla avec la plus grande commisération et courtoisie. J'y vois surtout cette hypocrisie puritaine dont Cromwell n'eut pas seul le secret parmi les grands politiques d'Angleterre. Les mêmes documents nomment sir Richard Wallas, le chevalier qui le fit prisonnier.

Il reste prisonnier à Calais jusqu'au i6 novembre,

qu'

pour ce dernier endroit. Il était sûrement à Londres à la fin de novembre. Après quoi on ne tarda pas à l'envoyer au château de Bolingbroke, où il est en mai 1423, puis à l'extrémité septentrionale de l'Angleterre, au château de Domfret. En 1480, il était à la Tour de Londres. Vallet de Viriville nomme le château de Ampthill, parmi ceux où il fut conduit. Je le vois à Vingneld en 1433, il est sous la garde du duc deSuffolk, en 1436 sous celle de sir Reginald Cobham, puis à la Tour jusqu'en juillet 1440. jNous trouvons aussi parmi ses geôliers Jean de Ôornouailles.

Mais nos renseignements sur les incidents de sa vie pendant les vingt-cinq ans de sa captivité ne se bornent pas absolument à ces vagues données

La prenàière, infortune de Charles d'Orléans, en lui enlevant son père dans des circonstances aussi tragiques, lui avait fourni la chance de devenir, par la fuerre et la diplomatie, l'un des plus grands hommes u siècle, et le maître de la France et l'arbitre de la royauté comme de la féodalité. Le second et le plus ^rand de ses malheurs lui offrit une nouvelle chance nue, cette fois, il ne manqua pas. Il devint réellement l'un des écrivains de la France, l'un des grands portes du Moyen Age. Aussi l'historien bénit-il ces vingtcinq années de captivité, là où \o biographe compatissant pour son héros trouve les preuves de tant d'angoisses. L'imagination nous aide facilement à àtV\Tvç,T

le pauvre el doux prince indique

liTon peotdire.dansïesmursquï Kmblaient, comme le laurier euYeloppanl Da^hnf, monter lentement, serrement, contmûment autour du

r tisonnier, il chercha, quand toute espérance de salut li fut enlevée, sa consolation dans la poiisie. Adieu les rêves de l'ambition, adieu les brillants voyages, tes belles chasses, les aventures de guerre ; adjeu les fêtes fjalanteE, le luxe, le blen-étre même; adieu l'ttmie et l'ami. Mais la poésie va rendre tout cela, elle Ta changer cette grande tempête de la douleur en la douce et chaude petite pluie de la mélan'cotie. Je sais bien qu'on ne peut ici i^nrler de noir cachot, de cette porte des aniigues prisons qui s'en tr'ouv rai t pour laisser entrevoir le beau ciel pendant un instant et rendre plus horribles encore les murailles de la prison. Moralement pourtant c'était cela, et ces efforts toujours vains, ces espérances de liberté toujours trompées, rendaient bien l'effet de dÊcouraf^ — d'affaissement de cette porte de cachot qui

toujours. Bien des s'aEÎssail pour lui

e valeur, et politiqi

r lui d'une véritable le gouvernement angla

trop granc

pratiques qu'il a

Nous voyons qu' nul étranger aances gravures d'un trent assis dans !

vant et rêvant a

e muraille v

referme ei ,

prouvent d'ailleurs qu'il

"■•'-prison. Il avait une

financière, pour que

> déjà les quahtéa

itinué de perfectionner, t

er savem^nt comme le ;ïdu Conseil d'Angle- Eiient une garde lêvêre, e lui permettait de causer avec oins. Et quand je l'aperçois dans itanglaisqui nous le monoide banc, devant sa table, écrilieu de gardes et de soldats, je use de pouvoir lui faire aubliâr e de corps brutaux et de cosurs ..- ,. ..e le quittaient plus. Je le remercie, lui, r demandé aux lettres la compensation de tant de biens perdus. Je comprends comment ce jeune chef de guerre, cechevalier actif, ce tendre et hardi servant du (lieu d'amours est devenu cet alourdi vieillard, je devînt- comment la religion du dieu Nonchaloir s'eit à lui, et je prépare dans mon esprit, dar^ s lecteurs, j'espère, les excuses dont il

iHtaiite

que

^fu table;

aura bientôt besoin. Mais nous en somn règne de Cupido et VËnus la déesse.

La poésie domine donc, à dos yeux, de vingt-cinq années qui s'écoula enti d'Aïincoun et la délivrance, t Ici finit,

Ifans écrivit dans sa prison, i C'est ce qi 'par Poème de la Pnaon. Je n'ignore [ note des manuscrits n'est pas un documen mais il en faut tenir grand compte. Bieii ue^< picLcn, d'ailleurs, qui composent ce poème, portent avec eiles la preuve absolue qu'elles ont été composées entre I4i5 et 1440; pour d'autres, il n')^ a qu'une preuve morale. Mats ont-elles été toutes écrites à cette époque^ je suis porté à ne pas le supposer. Je pense que ce

BËme allégorique est un cadre qui aura servi à enmer, à conservei. à coordonner les pièces compo- (ées jadis, à cûté d'autres écrites pendant la prison, (oit pourune nouvelle a m ie, soit pour compléter l'ceu~ vre d'art. Le poëme allégorique est généralement une oeuvre de pure Imagination. Celui-ci ^ et c'est ce qui lui donne un caractère à part — renferme nombre de ballades qui sont réellement un récit,

offrande. On c

Bioment pré> plusieurs de et

iprend qu'elles s 1^1 n

rapportent à tel

1, et à la

e d'un j :é tait.

ciden( réel. Que 'e l'éi'an.TarJe'ur

, le jet de

veulent obtenir les dons d'amour bien plutôt que plaire à la muse ou à l'amante; et c'est la marque, non-seulement de la réalité mais aussi de la jeunesse. Le fils qui pleurait scn përe assassiné, et sa inËre morte de douleur, le v«ngeur qui poursuivait ■a mission de haine, le capitaine courant sans cesse aux aventures sanfçlantes, le chef féodal, empêché de diplomatie, n'avait sans doute pas grand loisirpour songer aux rimes et auï gracieuses tendresses. Toulefois, dans ce cerveau si bien disposé pour la poésie, dans ce cceur facilement lente par 1 am Vénus et le seigneur Apollo ne durent paL ^.. l'âge mûr pour parler. Il nous dit lui-mémi dame Jeunesse, quand elle le prit des mains hnce, le mena au palaisdeCupido, et l'étemel ai

'dS

nce insQucianie pouvaient bien trouver ua n de lerru vert et ileiiri dans celte Frarice ravagt* iiÙL^te. Pourtant j'ai dû rue dt:Iîer de I îmagïna- 1 critique. Je n'ai pas Oïé Mparer nettement des autres les morceaux que notre po>;te avilit dft , comi»oser avant son âge de vingt-quatre ani,

J'iti cru pouvoir c|ier<:hâr pris utilement â qui ces rimes amoureuses, et toutes celles qu'il y a lointe* dans son po^mej avaient pu Être adressées. Quelle est («tte Beauté qui l'entraîne, qui le relient dans les liens du dieu Amour r Les précédents biographes y

surnom. Un tâi Bonne d'Armagnac, sa seconde femme, tantât la France. Le texte et le détail des vers, les habitudes du po:-meallé|farique, legenre d'esprit de l'stileur ne «e prêtaient aisiîment â aucune de ces hypoth^s. Il ne fnut pas oublier que c'est un poème qua Charles a voulu compaser, c'est-à-dire une osuvre patiemment élaborée, c est un poème allégorique, c'est- À-dire — cela paraît clair — une allefiorie. Il vaut raconter comment il fut amoureuï depuis sa jeunesH jusqu'à ce moment de son âge mùr où il eei oblige,

ar l'approche de Vieillesse, de se despartir du dieu ipido. Ce n e^t donc pas un amour qu'il a chantd, mais toute sa vie amoureuse; et Beauté ce n'est ps» telle femme, c'est la femme, la temme belle, la femrao qu'on aime, c'est le symbole, l'allégorie — il faut y insister — de louscescceurs féminini qui se sont donnés i lui. seulement, ainsi que ie le disais plus haut, il B) avec un sens parfait ae la vraie pocsia, ins^ dans ce cadre, incrusté dans cette charpente les pi&> ces qu'il avait offertes à telle ou telle personne, ea choisissant ces raorceaun selon qu'ils convenaient aux unes ou aux autres des parties logiques de son œuvrç„ Il a ainsi communiqué a son labeur artistique uneïia plus intense, en prccisant des états de se iiment, dei tâitsde passion, des événements de la vie journali^ ou historique mêlés à ses mémoires galant». Rion n« prouve que telle ballade, telle chanson, extraite de ca gpuroal d'amour, n'ait pas été adressée à sa premièra tenime Isabelle, a sa seconde fèromc Bonne; mais qua telle autre ait été écrite pour Marie de Berry, mr exemple, ou pour quelqu'une desdaraoisellos de l'hû- Cel de la reine, je n'y voudrais contredire. Ce ne fut pas dès I4i5, ni vraisemblablement dftHt

VIE DE CHARLES d'oRLÉANS. XZXI

les premières années, que sa captivité put avoir une ardeur poétiaue suffisante pour fournir et I idée et les éléments de l'œuvre et cette quantité de chansons, de rondeaux. La blessure, les vives angoisses, les in-

3uiétudes patriotiques et ambitieuses, la brusquerie u changement, l'irritation plus vive contre la nouveauté de l'esclavage et Pespoir de la liberté plus tiévreuse, ne semblent pas permettre la réflexion nécessaire à l'art. Mais à part ces premiers mois, ou ces f>remiers ans, la Muse, la Muse amoureuse, consoante et rêveuse devint sa compagne d'exil II ne faut pas l'oublier. Si le manuscrit du Roi — que j'indiquais plus haut — nous montre le prisonnier ici, ^ la fenêtre de sa prison, regardant venir le messager porteur des nouvelles d'espérance, là, dans son estud^ ou son retraite éternellement escorté de sa troupe de gardiens ennemis, l'imagination doit nous faire voir, à côté de tous les événements que sa biographie va nous fournir, une garde aussi fidèle et plus douce, qui est la Poésie, et un messager plus consolant encore. U venait auprès de lui par les fenêtres de sa geôle, et c'était le regard que lui envoyait le ciel clair et l'horizon verdissant. Ce fut là, nous le répétons, le bénéfice de sa prison. S'il eût continué la vie commencée, il fût devenu peut-être un capitaine comme Dunois, un diplomate rusé comme La Trémoille, mais au milieu des rigueurs et des distractions d'une telle existence, au milieu des amours faciles, au milieu des grandes et cruelles chevauchées , le poète sensible , souriant et touchant, qu'eût-il pu devenir? Il lui a fallu cette solitude, les tristesses de l'espérance toujours trompée et cette nécessité de rentrer en soi-même, il lui a fallu aussi la ditHculté, désormais grande, de jouir de l'espace, de l'air et des champs pour enfoncer dans son âme, comme dans son cerveau, l'image, le souvenir, la douceur des belles amours et des libres perspectives. Aussi gagna-t-il la triple qualité de son génie : le sentiment intense de la nature, le mouvement profond et sincère de la sensibilité cordiale, et la légèreté souriante du philosophe résigné.

Je suis forcé de prier les lecteurs de rechercher dans l'ensemble des poésies ci-après publiées la trace des consolations que la Muse put lui fournir Ils y trouveront aussi lindication ae quelaues incidents intimes ou politiques, des échanges d'amitié ou de ten-

dresEG, qui aidèrent le travail (hi rfve et de l'intelligence à faire triompher la résignation dans l'âme du prisonnier. Mais c'est à leur imagination surtout que je fais appel pour deviner les dtstractions que la vielour-

ap portait par l'iniermédiai le captîvité,sc

pa^nons de captivité, soit de la famiMe de ses geôliers, ■Dit des visiteurs anglais. Nous voyons qu'il se mit de grand coeur à apprendre la langue anglaise. On a peul-Étre eïaaéré la connaissance qu'il en eut, et les critiques anglais croient pouvoir assurer que parmi les notn creuses pièces, ou traduites, ou originales qu'on lui attribue, trois seules, et des plus lourdes, sont de lui.

En dehors de ces distractions que la poésie^ le tra- Tsil et les hasards de la captivité lui apportaient, les espérances de liberté, les visites tri:B-sur veillées de ses serviteurs français, les lettres qu'on lui permettait d'écr re, le mouvement de cette illustre colonie française que la captivité avait formée en Angleterre, les nouvelles châtrées, révisées et arrangées qu'on lui laissait parvenir, et plus tard l'activité diplomatique où le gouvernement anglais aux abois le poussa , consti-

De ces espérances de liberté toujours vaines, l'empereur Sigismond lui apporta la première en i^i6. Elles durent recevoir un grar.d coup quand, après la mort de Henri V, en 143a, il avait appris que ce grand et habile roi, à son lit de mort, avait par-dessus tout recommandé qu'on ne délivrât fKis son beaucousind'Or- " - i. Ce passage du testament politique d'un homme " '"'■ ■-'•"e trempe mériterait d'être approfondi et i indiquons seulement la principale raison ae ceuu recommandation. Il s'agis?ail surtout d'enlever A une partie i^e la féudalile française soti chef, à cette partie de l'armée française qui était iiuk' tement l'armée du Dauphin, son général. QueMue soin que Guillaume Cousinnl, le représentant diplomatique et administratif de Charles, quelaue lileque ses représentants militaires, Galuet, puis le comte do Vertus, puis Dunois, aient pu mettre dans le gouvernement de ses seigneuries, l'apanage d'Orléans n'ea était pas moins féodalement dans l'apparence et la Ùluation d'un orphelin. Monstrelet, qui paraît connaître à fond l'esprit pratique des Anglais, ajoute que le d ~ " fût été délivré bien plus tdt s^il n'avait pas Eaitvw

chaque année, en Angleterre, beaucoup d'argent dont le roi, les conseillers, les gtàlicrs, leurs gens et leurs fournisseurs s'enrichissaient.

PluB lard, l'espérance pue renaître, non pas seulement quand ii vit qu'on d-élivrait (en 1427, pour zoo.ooo saluts d'or) !e duc d'Alençon, grand chef feoaat, lui aussi, qui avait été pris à Vemeuil, mais Gaucourt (1428, pour 12,000 livres), puis le comte d'Eu, qui avaient été désignés, comme lui, panni les — "-- iniers à garder jusqu'à la majorité d'Henri VI. .1 pouvait deviner que dans cliaque bataille ses songeaient â lui et cherchaient a faire des pri-

Sussent s'échanger contre lui, et ce fut, sdeBeaugé, notamment, une des préoe-

après la bataille de Beaugé, cupationa du fidèle Cousinoc Charles VtL

Mai

s'il F

toujours pour son frère :t nos Archives nationales

se rapportant A ces efforts ■ "■-.i des

lui-même, il

Jean d'Angouléroe, Ryme renferment plusieurs pièi ,(Kfi4, etc., etc.). Nous a>

qu'il lui donna de I4i3 à 1436. Elles pourraient servir de point de comcai'flisûù — touie différence gardée entre 1 aîné et le cadet — pour nous aider à devmer le chilfre des propres dépenses de Charles. Oisons seulement qu'en 1415, par exemple, l'année même de la captivité du donataire, Jean reçut de son frère: en février, ïoo livres, en avril, d'abord, 4,810 livres, puis S, 1x5; en juin, ()So livres et en un autre payement, 3,563; en septembre, 2,000. Il subvenait à ces dcpcn-

prisonniers, Rrace aux soins de son conseil institué à Blois. IPavait songé dès le 2g novembre 1415 à faire des économies, et il avait cassé aux gages ses flerviteura et officiera. Non pas tous, sans doute, car nous en voyons venir un grand nombre en Angleterre. Rymer a conservé beaucoup d'actes — j'en compte vingt jusqu'en 1433 — qui, dès le 27 novembre I4'^> parlent du prisonnier, des serviteurs qui ' ■ * irent visiter, des efforts qu'il fit pour se libérer mnint détail personnel, qui permettent à l'hisï de reconstituer son existence d'alors et celle scompaj^nons d'exil. Citons quelques brefs traits, le i"iuin 1417 qu'on le transporte de Windlu château de Poumtfrect, sous la garde de

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