‹ Poésies complètesChapitre 126 sur 151 · BALLADE POUR UNE AUX CHEVEUX DORES · texte numérisé non relu

BALLADE POUR UNE AUX CHEVEUX DORES

Cypris comme toi, tleur d'amour, Eut cet adorable enjouement, Cette lèvre dont le contour n'attire comme un doux aimant, Et tout ce resplendissement D'un incomparable trésor, Prunelles de clair diamant, Sourcils d cbènc et fiiions d'or.

Tes cheveux, en chaque détour, Ont comme hi bruissement Du Ilot bleu qui baigne la tour.

En toi, pour des rcî^ards d'amant Tout est le miracle charmant Que ton âme embellit encor.

Roses, neiges, enchantement, Sourcils d'ébène et frisons d*or.

Et tout nous ravit tour à tour, Roses faites d'embrasement, Cheveux plus vermeils que le jour, Sein plus blanc que le pur froment.

Yeux profonds, qu'emplit fièrement De lumière, un profond décor D'étoiles et de firmament.

Sourcils d'ébène et frisons d'or.

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ENVOI

chère joie! ô cher tourment!

Ma strophe au gracieux essoj* Mêle, en son éblouisseraent, Sourcils d'ébène et frisons d'or.

Février 1861.

BALLADE POUR TROIS SŒtUIS QUI SONT SES AMIES

Ce sont trois sœurs, trois blondes, mais fiUcy Est un peu fauve, et Lise est un peu rousse.

Jeanne au beau front par le doute obscurci Est la plus fière, et Lucy la plus douce.

Dans le jardin, sur un tapis de mousse, Nous devisons comme des écoliers ; Ce sont parfois des contes par milliers, Puis je sertis de folles rimes, voire Des madrigaux pour leurs petits souliers, Et Marinette est là qui verse à boire.

TaENTE-SIX BALLADES JOYEUSES. 369

Lucy me fait songer et Jeanne aussi ; Et qu'un rayon de lumière éclabousse Le front vermeil de Lise, me voici Charmé : l'Amour, ayant vidé sa trousse, Trouve à souhait des traits que rien n'émousse Dans ses grands yeux pensifs et singuliers.

Lucy soupire et me dit : Vous parhez.

Parlez encor; trouvez-nous quelque histoire.

Le soleil rit sur les blancs escaliers, Et Marinette est là qui verse à boire.

Lise est ma joie et mon plus cher souci, Lucy m'attire et Jeanne me repousse, Mais je l'adore, et j'ai le cœur transi Dès qu'elle pleure et qu'elle se courrouce Pour un baiser sur l'ongle de son pouce.

Puis, en jouant avec ses lourds colliers.

Je dis à Lise : Enfant, si vous vouliez I Elle répond : Ami, songe à la gloire.

Lucy me cueille un fruit des espaliers, Et Marinette est là qui verse à boire.

ENVOI

Prince, une fois il faut que vous alliez Dans ce jardin, pour voir humiliés ' L'or, le saphir, les diamants, l'ivoire, Tous les rubis de vos fins joailliers, Et Marinette est là qui verse à boire.

Avril 1862.

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