‹ Poésies complètesChapitre 134 sur 151 · BALLADE DE LA BELLE VIROISB · texte numérisé non relu

BALLADE DE LA BELLE VIROISB

Regardez-la, cette fille de \ire

Bonne à porter les sacs de son mouUnl

Elle ravit avec son large rire

Tout le pays d'Olivier Basselin ;

Elle a Tair brave et le geste malin

Et la noblesse au front, bien que vilaine,

Et le sein droit, sans corset de baleine.

Elle babille ainsi qu'un moineau franc ;

Le vent la baise et boit sa fraîche haleine,

lèvre rouge, ô belle fleur de sangl

Cette beauté qui jamais ne soupire

Court par les champs comme un jeune poulain

Et chante et mange, et folâtre et respire.

Même elle vide avec Pierre et Colin

Son pot de cidre écumcux et tout plein.

Dans le manoir dont elle est châtelaine

One ne vit-on ruolz ni porcelaine ;

Mais ses dents sont de neige, et bien en rang

Comme s'en vont les agneaux dans la plaine.

\è\re rouge, 6 belle Heur de sang!

L'ennui, ce mal affreux qui nous déchire, N'est pas connu de son cœur masculin. Notre Viroise au ruisseau qui l'admire Lave ses pieds dans le Ilot cristallin ; Puis, sous l'ardent soleil â son déclin, Par le sentier Henri de marjolaine, Laissant Hotter son cotillon de laine Sur la rondeur de son robuste liane.

Elle s'en va, chantant de sa voix pleine.

lèvre rouge, ô belle fleur de sangl

ENVOI

Prince, la bouche en fleur de Madeleine Pâlit d'amour parfois, jamais de haine.

Le magister, assis sur un vieux banc, En la voyant dit : C'est la grecque Hélène.

lèvre rouge, ô belle fleur de sangi

Juillet 1860^

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