BALLADE POUR LES CHANTEURS
Soyons sérieux ou bouffons.
Mais chantons ! Luth ou flageolet, C'est par là que nous triomphons.
Prenant les âmes au filet.
Lion fauve, doux agnelet Et rochers à qui maintes fois Orphée en leur langue parlait.
Tout cède au charme de la voix.
Jeannettes que nous attifons, ^Lindors triés sur lo volet, Banquier maniant ses chiffon.-^, Soudard louant son pistolet.
Moine disant son chapelet.
Amour qui de ses petits doigts Sans façon nous prend au collet^ Tout cède au charme de la voix.
Chantons sous les ardents plafonds Où l'or pompeux met son reflet, Ou dans les bocages profonds Comme fait le rossignolet, Mais chantons ! Duc ou Jodelet, Orgueil indomptable des rois Et fîUette à l'esprit follet, Tout cède au charme de la voix*
ENVOI
Prince, je suis votre valet I
Vous aimez Lyse, je le vois;
£h bien, chantez ! car, s'il vous plaît,
Tout cède au charme de la voix.
Juillet 1869.