‹ Poésies complètesChapitre 45 sur 151 · A ALPHONSE KARR · texte numérisé non relu

A ALPHONSE KARR

Que de fois sous les tilleuls,

Tous deux seuls Avec ma maîtresse blonde, Ton livre m'a fait songer,

Etranger A tout le reste du monde 1

ODELETTES. 171

Je m'alanguissais, à yoir

Son œil noii', Et, me répétant : « Je t*aime \ Sans songer au lendemain,

Dans sa main Elle tenait le poëme.

Ohl les charmants écoliers l

Vous mêliez Votre voix et votre haleine Et vos soupirs amoureux,

Couple heureux, Stéphen, ô Magdeieinel

Tel, au mois couleur du jour

Où l'amour A la terre se marie, Au fond des vertes forêts

Je pleurais Sur les genoux de Mariai

Telle Eunice emporte Hjlasl

Puis, hélas !

Tout s'enfuit de la mémoire, L'ouhli, vient puis le remord,

Puis la mort.

C'est hien l'éternelle histoire.

Il en est une autre aussi,

Dieu merci !

Douce à mon âme inquiète Roméo tomhe au printemps,

A vingt ans, Auprès de sa Juliette !

I7Î ODELETTES..

n sort par im b«aK m&tiii

Du festôu Ftetn de jeanesse et à?

Et mefirt les jeai embrasés

De baisers :

B ceLe^à. e>st le rèv»!

A ZELIK Mai scear» ma sœar. a*est-îl riis ie defiiim Oui les a prs?v ce< xar? ie :i':cr* ^s

:« ecvies ror .es mères -o^»:

T» me saiTizs À iriTr?rs àes ueîo M lierre le «riiid scùeil?

T« soaTiea^-îI ie ce -ariiJi saTrs Toaî xît CL»ar ie ïiLJi^Sw

Oà ao<ts cctin-.c;?^ L^-: ti-l: tjo::

Se os les irîres ei :jzs?

H était tr.5te -K retrv-L ie iiT>?c^r«

JiSLifs ses rei:ii f7T.:5 irrlrs yétaîec:* jn-fCis. e* les ron»; "aL^^î?

Ez.'ï'iJJssAÎec* les tlxtSw

S«r iecr >:ciziev rre ~»i zr-: cesse x:nf :

F^*-C^x^- ie ses ^j"«i.-e*i.rçw Liilt screrce ïa. r:s:-îf ix Ejr:fc?e ««'as Tes rle-rrsw

ODELETTES. 173

Parfois, bercé dans un songe illusoire Dont s*en chantent mes yeux,

Quand je revois au fond de ma mémoire Ce Ueu mystérieux,

Mon souYenir, empli de ses murmures

Et de ses floraisons, Y réunit les diverses parures

De toutes les saisons,

Et tout se mêle ainsi qu*une famille :

Les soucis et les lys, La vigne folle avec la grenadillé ;

Près des volubilis

Le glaïeul rose et ses feuilles en pointes ;

Partout le vert lézard Venait courir sur les pierres disjointes;

La liberté sans art

Avait rendu leurs énergiques poses

Aux vieux arbres fruitiers, Et sur le mur pendaient, blanches et roses.

Des touffes d'églantiers.

Les nénufars, dans la mare déserte»

Fleurissaient sur les eaux, Où se formait une enveloppe verte

A Tabri des roseaux.

Dis, nous vois-tu dévastant les groseilles

Et les grains du cassis ?

Autour de nous voltigeaient les abeilles,

L'éclatante chry.sis,

V! i'duoliiucat tout Iv jo^ir

. ,:«, au bon) du itnws ifjie diï$ Uama

ïajiû»aient à l'entoor.

.. .iluda avait pris si re^iache,

Oiuia ce recneili-(»iH:t .(M. hâlasl coadoraii ^ipm«iKte :

i;'tilait Diomo et ,-ijTaiiJl.

Vms jouions U, ^ai» iK'ttr oaw c&i»,»!*.

Courant, i»u b;.r-a j^cs y»us le gazon. Psrtv-fc c. :r* fnafi'mffn,

La TeoTe aux k-àt-rs svjfcra

(Jui fbt H belle et nai ?n.'«r«t â >fiHM,

Se BKHitru; î«r > skui:^ Le front piii i-wiiauî p.*r a:: vc^ i«l:Mw

Triste et i><B.v. ^c ^Tumi iëci.

A LEOS v-vrvTSJ

Q« s«ot u-i L^i'-'iT ïi-js S.'rt ^ajf :.« sj»^

Bant MCOB ^i>.'n w ^int: «vue :^-«n»

ODELETTES. 175

9im

De même d'abord, le Rhythme farouche Devant la Pensée écume d'horreur, Et, pour se soustraire au dieu qui le touche, Se cabre en fureur.

Mais bientôt, léchant la main qui l'opprime, Il marche en cadence, et comme par jeu, Son vainqueur lui met le mors de la Rime Dans sa bouche en feu.

Tu le sais, ami, toi dont l'Art s'honore, Homme à la main souple, au jarret d'acier.

Qui fais obéir la harpe sonore Et l'ardent coursier ;

Lorsqu'aimé d'Tsis aux triples ceintureSp Un homme intrépide a baisé son sein, La création et les créatures Suivent son dessein.

Le Génie en feu donne à l'âme altière Le Commandement, ce charme vanté| Et l'Esprit captif dans l'âpre Matière Cède épouvanté.

Mai 1855.

Page 1