‹ Poésies complètesChapitre 56 sur 151 · PRINTEMPS D'AVRIL · texte numérisé non relu

PRINTEMPS D'AVRIL

Ma mie, à son toit fidèle, La frétillante hirondelle Revient du lointain exil.

Déjà le long des rivages S*égaie nn sylphe suhtil, Qui baise les fleurs sauv<AgQ0^ Voici le printemps d'Avril I

C'est le moment où les fées.

De volubilis coiffées, -Viennent, au matin Changeant, Sur le bord vert des fontaines^, •Où court le flot diligent.

Charmer les biches hautaines De leurs baguettes d'argent.

Elles dansent à l'aurore Sur l'herbe, où les suit encore Un troupeau de nains velus.

Ne va pas, enfant sereine, Au fond des bois chevelus ; Elles te prendraient ,ponr >yeiii^ Et je ne te verrais jiLus !

Avril 1860.

228 AUÉTHYSTE3.

TISBE

En cet habit d'étoffe ancienne, Tu semblés, au siècle des cours, Une noble Vénitienne.

Cette dentelle aux mille jours Est un nid fait pour les Amours :

Wateau, de la grâce idolâtre, T'eût peinte en tes riches atours Avec ce manteau de théâtre.

C'est vers vous, les enchanteresses^

Que l'oiseau bleu tourne son vol I

A présent déroule ces tresses,

Jette ces perles sur ton col ;

Donne ta voix de rossignol

A Tisbe, l'ange aux mains fiévreuses,

Car c'est elle, avec dona Sol,

Qui sont toujours nos amoureuses.

Février 1861.

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