‹ Poésies complètesChapitre 68 sur 151 · LA DANSEUSE · texte numérisé non relu

LA DANSEUSE

A BBN&T RBONAULT

Saloméy déjà près d'accomplir son desseÎD, Sons ses riches paillons et ses robes flenries Songeait, Tceil enchanté par les orfèvreries Dn riant contelas Termeil et dn bassin.

Sa chevelnre éparse et tombant sur son sein, La Dansense au front brun, parmi ses rêveries. Regardait le soleil mettre des pierreries Dans les caprices d*or au fantasque dessin.

Mêlant la chrysoprase et son fauve incendie

Au saphir, où le ciel azuré s'irradie,

£t le sang des rubis aux pleurs du diamant.

Comme c'est votre joie, 6 fragiles poupées!

Car vous avez toujours aimé naïvement Les joujoux flamboyants et les têtes coupées.

Janvier 1870.

A CHARLES DESFOSSBif

Puisqu'il faut songer au trépas Quand on a fini sa ballade, Docteur, ne me guérissez pas :

Depuis trente ans, je suis malade!

J'ai le mal divin et mortel D'aimer toutes les belles choses, Et de frémir comme à l'autel Devant la majesté des roses.

J'ai le mal de croire au ciel bleu Où, quand ma raison perd ses YoUes, Je vois distinctement un Dieu Mener les chariots d'étoiles.

Dans mon délire, je revois Ces longs fleuves bordés de vignes OCi les Ilots à la douce voix Charmaient les lauriers et les cygnes.

Et je cherche Thorizon pur Où, dans leurs graves symétries, Blancliissaient, éclairant l'azur, Les temples et les théories.

N(î me guérissez pas, doctem', Pour qu'ensuite je me promène, Insoucieux et triste acteur, Au milieu de la farce humaine.

Si jamais, sous un vil manteau, Histrion des frivoles haines.

Je me mêlais sur un tréteau Aux diseurs de paroles vaines,

Si je devenais comme eux tous Un bouflbn que la Muse évite.

Accourez alors, hâtez-vous, Cher docteur, guérissez-moi vite!

Juin 1867.

:^7S RISIES DORÉES.

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