‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 117 sur 267 · CLARINDA · texte numérisé non relu

CLARINDA

Clarmda, maîtresse de mon âme, Le temps a parcouru sa carrière !

Le malheureux sous le terrible pôle Ainsi contemple son dernier soleil,

Dans quelle sombre caverne de nuit glacée

S'enfuira le pauvre Sylvandrc .

Privé de toi, sa vie et t>a lumière,

Le soleil de toute sa joie ?

Nous nous séparons — mais par ces gouttes précieuses

Qui remplissent tes yeux charmants 1 Nulle autre lumière ne guidera mes pas .

Jusqu'à ce que tes rayons brillants reparaissent.

Elle , le beau soleil de tout son sexe ,

A fait le bonheur de mon jour glorieux : Et la faible lueur d'une planète

Pourrait fixer mon hommage 1

Viens, laisse-moi te prendre sur mon sein

Et jurer que nous ne nous séparerons jamais ; Et je mépriserai comme la plus vile poussière

Les richesses et grandeurs de ce monde : Et entends-je ma Jeanie avouer

Qu'elle éprouve de semblables transports ; Si la vie m'est si chère , c'est seulement

Afin de pouvoir vivre pour l'aimer.

Ainsi dans mes bras , avec tous tes charmes ,

Je serre mes innombrables trésors ; Je ne demanderai pour ma part du ciel

Que le plaisir d'un tel moment ; Et par tes yeux d un si beau bleu,

Je jure que je suis à toi pour jamais ! Et sur tes lèvres je scelle mon serment,

Et jamais je ne le romprai.

Content de peu, et joyeux de plus,

Chaque fois que je me rencontre avec le chagrin et le souci ,

Je leur donne une taloche, quand ils passent d'un pied traînant

Avec une tasse de bonne aie et une vieille chanson écossaise.

Parfl)i^ je coudoie une pensée tourmentante :

M.iis riioniîni' est )mi soldat . et la vie est un combat ;

Ma gaieté et ma bonne humeur sont de l'argent dans ma poche, [cher.] Et ma liberté est ma seigneurie, à laquelle nul monarque n'ose tdu-

Quand une année d'ennuis serait ma destinée, Une nuit de bonne camaraderie raccommode tout : Lorsqu'il est enlln au bienheureux terme de son voyage. Qui diable pense jamais à la route qu'il a faite?

Que la chance aveugle bronche et trébuche en chemin, [rogne:] Que ce soit vers moi, que ce soit loin de moi , laissez faire la ca- Yienne le repos, ou vienne le travail ; vienne le plaisir ou la peine , Mon plus gros mot est — « Bienvenu , encore une fois bienvenu î »

Berger abusé , le plaisir

Que peut te donner la beauté volage N'est qu'un trésor enchanté.

Tes espérances seront bientôt trompées.

Les vagues sur l'Océan,

Les brises follement vagabondes , Le mouvement incertain des nuages ,

Ne sont que des types de la femme,

Ob', nes-tu pas honteux

De raffoler d'un trait 1 Si tu veux qu'on t'appelle homme,

Méprise la sotte créature.

Yâ trouver un brave garçon ;

Pose devant toi de bon claret :

Tiens ferme jusqu'à ce que tu sois ivre,

Et alors au lit glorieusement !

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