‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 124 sur 267 · AFTON · texte numérisé non relu

AFTON

Coule doucement , bel Afton , entre tes vertes rives . Cuule doucement, je te chanterai une chanson à ta louange; Ma Mary est endormie prés de ton eau murmurante , Coule doucement, bel Afton, ne trou))le pas son rêve.

Otoi , pigeon ramier dont l'écho résonne à travers le vallon, Vous, merles farouches qui sifflez cachés là-bas dans les épines. Et toi, vanneau à la crête verte, cesse ton cri, Je vous somme de ne pas troubler ma belle endormie.

Ou'elles sont hautes, bel Afton, les montagnes cpii t'avoisinent, Sillonnées au loin de clairs ruisseaux à la course sinueuse; Là j'erre chaque jour quand midi monte au ciel, Et j'ai sous les yeux mes troupeaux et la chère cabane de ma Mary.

Oucl (harnvî dans tes bords et dans les vertes vallées d'en i)as. Où sauvages dans les bcûs lleurissent les primevères !

POESIES DE nURNS. 185

Là souvent, lorsque le doux soir pleura sur la prairie, Le bouleau embaumé ombrage ma Mary et moi.

Ton îlot de cristal, Afton, avec quelle grâce il coule Et serpente près de la chaumière où demeure ma Mary ' Comme tes eaux se jouent en baignant ses pieds de neige, [limpide!] Tandis que cueillant des fleurs odorantes, elle remonte ton courant

Coule doucement , bel Afton , entre tes vertes rives , Coule doucement , belle rivière , le sujet de mes chants ; Ma Mary est endormie près de ton eau murmurante , Coule doucement, gracieux Afton, ne trouble pas son rêve.

Délaissée, mon amour, privée de toute consolation, Loin, loin de toi, jerre ici, Loin, loin de toi, sort rigoureux,

Dont surtout je murmure, mon amour.

CHOEUR

Oh 1 si seulement, mon amour, tu étais auprès de moi. Seulement auprès, auprès, auprès de moi ; Avec quelle bonté tu m'égaierais,

Et mêlerais tes soupirs aux miens, mon amour I

Autour de moi se rembrunit un ciel d'hiver. Qui détruit chaque bouton d'espérance et de joie ; Et je n'ai ni abri , ni refuge , ni asile , Si ce n'est dans tes bras, mon amour.

Oh! si seulement, etc.

Rôle cruel de lamitié changée et refroidie D'empoisonner le dard impitoyable de la fortune — Ne brisons pas ton cœur lidèle.

Et ne disons pas que ce sort est le mien , mon amour. Oh! si seulement, etc.

Mais, quoique les instants volent avec une vitesse attristante, Oh ! laisse-moi croire que nous nous reverrons ; Ce seul rayon de douce consolation

Peut briller sur ta Chloris, mon amour. Oh ! si seulement, etc.

180 POESIES DK p.rRXS.

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