‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 153 sur 267 · COMPOSÉ EN AOUT · texte numérisé non relu

COMPOSÉ EN AOUT

Voici que les vents d'ouest et les fusils meurtriers Amènent l'agréable temps de l'automne ;

Le coq part, sur ses ailes frémissantes,

De la bruyère en fleur ; Voici que le grain ondoyant au loin sur la plaine

Réjouit le fermier fatigué ; Et la lune luit brillante , quand je rôde la nuit

Pour rêver à mon enchanteresse.

La perdrix aime lus plaines fertiles ,

Le pluvier aime les montagnes, La bécasse hante les vallons solitaires ,

Le héron, au vol hardi, les fontaines; ^

Le ramier rôde dans les bois élevés,

Evitant les sentiers de l'homme" Le noisetier cache la grive,

L'épine s'étend sur le linot.

Ainsi chaque espèce trouve son plaisir.

La féroce et la tendre; Les uns se réunissent en société, et se liguent ensemble:

D'autres vont solitaires :

Arrière, arrière, l'empire cruel,

La domination tyrannique de l'homme; La joie du chasseur, le cri meurtrier.

L'aile éperdue et sanglante '.

Mais, chère Peggj", le soir est clair,

Les hirondelles qui effleurent la terre volent en foule ; Le ciel est bleu, les champs sont en vue ,

Perdant leur couleur verte et jaunissant : Viens , égarons nos pas joyeux

Et contemplons les charmes de la nature ; Le blé frémissant, l'épine chargée de fruits,

Et chaque créature heureuse.

>'ous marcherons lentement , et causerons doucement ,

Jusqu'à ce que la lune silencieuse brille clairement; J'entourerai ta taille, et, la pressant avec passion,

Je te jurerai que je t aime bien tendrement : >'i les ondées du printemps aux boutons de fleurs,

Ni l'automne au fermier, îse ])euvent être aussi chères que tu me l'es.

Ma belle, ma charmante enchanteresse.

Oli '. il était beau, cet églantier tuu\eit île roï»es Oui fleurissait si loin de la demeure de lliomuic;

Et Elle aussi, elle était belle, et, Dieul combien rhèrel Le soir, l'ombrage de l'églantier garantissait du soleil.

Ces boutons de rose là-bas, dans la rosée du matin, Comme ils sont purs entre les fouilles si vertes 1

Mais plus purs étaient les vœux de lamant Dont hier fut témoin leur ombrage.

Au fond de son berceau hérissé de piquants ,

Cette rose rouge, quelle est charmante et belle !

Mais l'amour est une tleur bien plus charmante Dans le sentier épineux de la vie.

Que le désert non frayé, et le ruisseau qui serpente,

Avec Chloris dans mes bras , soient à moi , Et je n'envierai ni ne mépriserai le monde ;

J'abjure également ses joies et ses chagrins.

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